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Discours du pape François aux évêques de la RD Congo en visite ad limina à Rome Chers Frères dans l’épiscopat, C’est avec grande joie que j’adresse au cardinal Laurent...
LETTRE DES EVEQUES DE LA CONFERENCE EPISCOPALE NATIONALE DU CONGO AUX FIDELES CATHOLIQUES ET AUX HOMMES ET FEMMES DE BONNE VOLONTE DE LA RD CONGO 1. Réunis à Rome à l'occasion de notre visite ad limina Apostolorum, Nous, Cardinal, Archevêques...

LETTRE DES EVEQUES DE LA CONFERENCE EPISCOPALE NATIONALE DU CONGO AUX FIDELES CATHOLIQUES ET AUX HOMMES ET FEMMES DE BONNE VOLONTE DE LA RD CONGO

Mgr djomo1. Réunis à Rome à l'occasion de notre visite ad limina Apostolorum, Nous, Cardinal, Archevêques et Evêques, membres de la Conférence Episcopale Nationale du Congo, saisissons cette occasion pour adresser aux fidèles catholiques, aux hommes et femmes de bonne volonté de notre pays, nos salutations chaleureuses et cordiales dans le Christ Notre Seigneur.


2. De la Ville éternelle, nous avons fait monter vers le Seigneur une fervente prière pour qu'il bénisse notre Peuple, qu'il lui montre un visage bienveillant et plein de grâce et qu'il lui accorde la paix ! (cf. Nb 6, 24-26).


3. Lors de nos rencontres avec le Saint-Père, le Pape François, nous avons partagé avec lui les joies et les espoirs, les peines et les souffrances du peuple de Dieu confié à notre sollicitude pastorale. Le Saint-Père nous a assurés de ses prières pour notre pays, ses dirigeants et son peuple. En outre, Il nous a réconfortés dans notre ministère pastoral à être « des hommes d'espérance pour notre peuple » et à apporter notre contribution » pour l'avenir heureux de notre nation.


4. Aux tombeaux des Apôtres, Pierre et Paul, qui ont témoigné du Christ jusqu'au martyre, nous avons renouvelé notre engagement d'être les témoins de la foi qu'ils nous ont transmise. Nous avons également confié au Seigneur l'avenir de notre pays.


5. Pour nous, l'avenir heureux de la RD Congo réside incontestablement dans le respect de la Constitution, Loi fondamentale et socle de notre jeune démocratie. C'est pourquoi, nous réitérons notre message du mois de juin dernier sur notre position, qui n'est plus un secret pour personne, concernant la révision constitutionnelle. Nous réaffirmons ainsi notre opposition à toute modification de l'article 220, article verrouillé de notre constitution qui stipule que :« La forme républicaine de l'Etat, le principe du suffrage universel, la forme représentative du Gouvernement, le nombre et la durée des mandats du Président de la République, l'indépendance du pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical ne peuvent faire l'objet d'aucune révision constitutionnelle ».


6. En affirmant cela, la CENCO n'ignore pas que toute constitution est modifiable, mais elle rappelle que l'Article 220 a été verrouillé par le Constituant lui-même, justement pour échapper à cette modification. Cet article pose les bases de la stabilité du pays et l'équilibre des pouvoirs dans les Institutions. Le modifier serait faire marche en arrière sur le chemin de la construction de notre démocratie et compromettre gravement l'avenir harmonieux de la Nation. Après toutes les guerres et tribulations connues en RD Congo, nous sommes persuadés que les citoyens et les hommes politiques qui aiment vraiment ce pays autant que nous tous, éviteront d'engager la Nation dans une voie sans issue.


8. Au regard de cet enjeu de taille, la CENCO demande à tous les curés et catéchistes de lire à l'intention des fidèles, son message « Protégeons notre Nation » et de sensibiliser les chrétiens dans les CEV, les Mouvements d'Action catholique, et les groupes à charisme propre, pour qu'ils s'engagent à protéger la Nation contre toute tentative de modification de l'article 220. On organisera également dans toutes les paroisses, communautés sacerdotales et religieuses, un Triduum de prière, (du 17 au 19 octobre, Journée de la Mission universelle), pour que le Seigneur protège notre pays et son peuple.


9. En lien avec ces directives et sans rien récuser de notre collaboration avec nos frères d'autres Confessions religieuses, nous suspendons notre participation au Comité d'Intégrité et de Médiation électorale (CIME). Toutefois, nous restons en communion de prière avec eux.et par notre Commission « Justice et Paix », nous apporterons notre contribution pour la réussite du processus électoral dans le respect de la Constitution.


10. Qu'en cette année du cinquantième anniversaire du martyre.de la Bienheureuse Marie Clémentine Anuarite Nengapeta, Fille de notre peuple qui a témoigné courageusement du Christ, confiants en l'amour maternel de la Vierge Marie, Notre-Dame du Congo et Reine de l'espérance, de nombreux fils et filles de notre peuple se mobilisent pour protéger la Nation.


11. De Rome, en communion avec le Saint Père et vous tous nos frères et sœurs, nous confions l'avenir de notre pays au Christ, qui par sa croix glorieuse, a sauvé toute l'humanité


Donnée à Rome, le 14 septembre 2014
En la Fête de l'Exaltation de la Croix glorieuse

Discours du pape François aux évêques de la RD Congo en visite ad limina à Rome

Pape franChers Frères dans l’épiscopat,

C’est avec grande joie que j’adresse au cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, et à chacun d’entre vous, mes fraternelles salutations, à l’occasion de votre visite ad limina Apostolorum. Je remercie Monseigneur Nicolas Djomo Lola, président de votre Conférence épiscopale, qui, avec vos sentiments de fidèle communion, a présenté quelques traits de la vie de l’Église en République Démocratique du Congo. Votre pèlerinage aux tombeaux des Apôtres Pierre et Paul, unis dans le témoignage au Christ mort et ressuscité jusqu’au sacrifice suprême, resserre vos liens de communion avec le Siège Apostolique, mais aussi entre vous et avec les évêques du monde entier. En retour, tout en vous manifestant ma vive appréciation pour votre dévouement et votre zèle pour l’annonce de l’Évangile, je voudrais aussi saluer et encourager les prêtres, les personnes consacrées, les autres agents pastoraux qui collaborent avec vous, ainsi que tous les fidèles laïcs de vos diocèses.

Avec vous, je suis reconnaissant au Seigneur pour les multiples dons qu’il fait à l’Église dans votre pays. Famille de Dieu en marche vers le Royaume, elle est constituée de communautés vivantes dont les membres participent activement aux célébrations liturgiques et donnent un courageux témoignage de charité. Selon la belle formule du Psalmiste, le Seigneur a donné ses bienfaits et notre terre a donné ses fruits (cf. Ps 85, 13).

La fidélité à l’Évangile implique que l’évêque conduise et gouverne avec sagesse le troupeau qui lui est confié. Le bon pasteur connaît ses brebis et ses brebis le connaissent (cf. Jn 10, 14). La présence, la proximité et la stabilité de l’évêque dans son diocèse sont nécessaires pour rassurer les prêtres et les candidats au sacerdoce, et pour que tous les fidèles se sentent accompagnés, suivis et aimés.

Une caractéristique majeure de l’Église dans votre pays est qu’elle se trouve en pleine croissance. Il est si heureux de constater que des communautés chrétiennes se développent ! Mais vous savez que l’essentiel, pour l’Église, n’est pas d’abord une question de nombre mais une adhésion totale et sans réserve au Dieu révélé en Jésus-Christ. La qualité de la foi au Christ mort et ressuscité, la communion intime avec lui est à la base de la solidité de l’Église. Par conséquent, il est d’une importance vitale d’évangéliser en profondeur. La fidélité à l’Évangile, à la Tradition et au Magistère sont des repères sûrs qui garantissent la pureté de la source à laquelle vous conduisez le peuple de Dieu (cf. Lett. Enc. Lumen Fidei, n. 36).

L’Église en République Démocratique du Congo, dont certains diocèses ont récemment célébré le premier centenaire de leur évangélisation, est une jeune Église. Mais elle est aussi une Église de jeunes. Les enfants et les adolescents, en particulier, ont besoin de la force de Dieu pour résister aux multiples tentations issues de la précarité de leur vie, de l’impossibilité de poursuivre des études ou de trouver du travail. Je suis sensible à leur situation difficile, et je sais que vous partagez leurs peines, leurs joies et leurs espoirs. Je pense particulièrement avec effroi à ces enfants et à ces jeunes, enrôlés de force dans des milices et contraints de tuer leurs propres compatriotes ! Je vous encourage donc à approfondir la pastorale des jeunes. En leur offrant toute l’aide possible, surtout à travers la création d’espaces de formation humaine, spirituelle et professionnelle, vous pouvez leur révéler leur vocation profonde qui les prédispose à rencontrer le Seigneur.

Le moyen le plus efficace pour vaincre la violence, l’inégalité ainsi que les divisions ethniques, consiste à doter les jeunes d’un esprit critique et à leur proposer un parcours de maturation dans les valeurs évangéliques (cf. Evangelii gaudium, n. 64). Il faudrait aussi renforcer la pastorale dans les Universités ainsi que dans les écoles catholiques et publiques, en conjuguant la tâche éducative avec l’annonce explicite de l’Évangile (cf. Evangelii gaudium, n. 132-134). Chers Frères dans l’Épiscopat, je vous convie à être dans vos diocèses des apôtres de la jeunesse.

Dans le même esprit, face à la désagrégation familiale, provoquée, en particulier, par la guerre et la pauvreté, il est indispensable de valoriser et d’encourager toutes les initiatives destinées à consolider la famille, source de toute fraternité, fondement et première route de la paix (cf. Message pour la XLVIIè Journée Mondiale de la Paix, 2014, n. 1).

La fidélité à l’Évangile implique aussi que l’Église participe à la construction de la cité. L’une des contributions les plus précieuses que l’Église locale peut apporter à votre pays, consiste à aider les personnes à redécouvrir la pertinence de la foi dans la vie quotidienne et la nécessité de promouvoir le bien commun. De même, les responsables de la nation, en étant éclairés par les pasteurs, et dans le respect des compétences, peuvent aussi être soutenus pour intégrer l’enseignement chrétien dans leur vie personnelle et dans l’exercice de leur fonction au service de l’État et de la société. En ce sens, le Magistère de l’Église, en particulier l’Encyclique Caritas in veritate, l’Exhortation apostolique post-synodale Africae munus ainsi que la récente Exhortation apostolique Evangelii gaudium, constituent une aide précieuse.

Chers Frères dans l’épiscopat, je vous invite à œuvrer sans relâche à l’instauration d’une paix durable et juste, par une pastorale du dialogue et de la réconciliation entre les divers secteurs de la société, en soutenant le processus de désarmement, et en promouvant une efficace collaboration avec les autres confessions religieuses. Alors que votre pays va connaître des rendez-vous politiques importants pour son avenir, il est nécessaire que l’Église apporte sa contribution, tout en évitant de se substituer aux institutions politiques et aux réalités temporelles qui conservent leur autonomie (cf. Const. Past. Gaudium et spes, n. 36). En particulier, les pasteurs doivent se garder de prendre la place qui revient de plein droit aux fidèles laïcs, qui ont justement pour mission de témoigner du Christ et de l’Évangile en politique et dans tous les autres domaines de leurs activités (cf. Décr. Conc. Apostolicam actuositatem, nn. 4 ; 7). Il est donc essentiel que les fidèles laïcs soient formés en conséquence, et que vous ne cessiez pas de les soutenir, de les orienter et d’émettre des critères de discernement pour les éclairer. En ce sens, je ne doute pas que vous continuerez d’œuvrer pour sensibiliser les autorités publiques en vue de finaliser les négociations pour la signature d’un Accord avec le Saint-Siège.

Il serait souhaitable que, dans un esprit de solidarité et de partage, soit développée une collaboration plus étroite avec tous les acteurs pastoraux qui œuvrent dans les divers domaines d’apostolat et de pastorale sociale, en particulier l’éducation, la santé et l’assistance caritative. Beaucoup attendent de vous vigilance et sollicitude dans la défense des valeurs spirituelles et sociales : vous êtes appelés à proposer des orientations et des solutions pour la promotion d’une société fondée sur le respect de la dignité de la personne humaine. A ce sujet, l’attention aux pauvres et aux nécessiteux tels que les personnes âgées, malades ou souffrant de handicap, devrait constituer l’objet d’une pastorale adéquate, sans cesse réexaminée. En effet, l’Église est appelée à se préoccuper du bien de ces personnes et à attirer l’attention de la société et des autorités publiques sur leur situation. Je salue et j’encourage l’œuvre de tous les missionnaires, des prêtres, religieux, religieuses et autres agents pastoraux qui se dévouent au service des blessés de la vie, des victimes de la violence, surtout dans les régions les plus isolées et reculées du pays. En évoquant ce thème, j’ai une pensée spéciale pour les réfugiés internes et ceux, nombreux, qui proviennent des pays voisins.

Chers Frères dans l’Épiscopat, je voudrais enfin vous redire toute mon affection et mes encouragements. Persévérez dans votre généreux engagement au service de l’Évangile ! Soyez des hommes d’espérance pour votre peuple ! Que le témoignage lumineux de la bienheureuse Marie-Clémentine Anuarite Nengapeta et du bienheureux Isidore Bakanuja ne cesse de vous inspirer ! En vous confiant à la maternelle intercession de la Vierge Marie, Reine des Apôtres, je vous accorde de grand cœur la Bénédiction apostolique que j’étends bien volontiers à vos collaborateurs, prêtres, religieux ou laïcs, et à chacun de vos diocèses.

Messe des Premisses du samedi 02 Août 2014 (Paroisse Saint Joseph)

Eminence,

Excellences,

Messieurs les abbés,

Révérends frères,

Révérendes sœurs,

Distingués invités en vos titres et qualités respectifs,

Chers parents,

Chers frères et sœurs

Les textes que la liturgie nous propose en méditation en ce jour nous invitent au témoignage. Etre témoin de la vérité même si cela peut occasionner notre mort. Etre témoin et avoir le courage de dire la vérité partout et en tout lieu. Ainsi Dieu qui est fidèle et qui nous a confié cette mission ne nous abandonnera jamais.

Dans la première lecture Jérémie nous présente la figure du prophète fidèle et courageux. Lui qui surmonte sa terreur et sa peur, accomplit sa mission de prophète jusqu’à se livrer entre les mains de ses antagonistes.

Cette scène de la première lecture nous frappe par sa correspondance avec le procès de Jésus. En effet, deux remarques peuvent être faites à propos de ce rapprochement : premièrement, la passion de jésus qui prend tant de place dans les évangiles avait pourtant été préparée de longue date. Jérémie aujourd’hui en donne une figure : Dieu, mystère d’amour absolu, va jusqu’à se laisser juger et briser apparemment. Et, c’est dans cet excès d’amour qu’il triomphe finalement.

Deuxièmement, si Jérémie est la figure du Christ, il faut dire aussi que tout homme qui souffre pour la justice participe d’une certaine manière à ce même mystère : mystère d’amour absolu de Dieu. La passion de Jésus se continu partout où les hommes innocents souffrent pour la vérité et la justice dans le monde.

Chers frères et sœurs,

Aux accusations de ses antagonistes, Jérémie répond en utilisant trois arguments dans sa plaidoirie : il commence d’abord par affirmer sa vocation divine et sa fidélité à cette vocation : « c’est le Seigneur qui m’a envoyé annoncer contre ce temple et cette ville » (v. 12). Jérémie ne parle pas en son nom propre, il ne parle pas non plus de lui-même. Mais il parle comme un envoyé de Dieu et au nom de Dieu. C’est Dieu qui parle en lui. Comme pour dire celui que Dieu envoie parle le langage de Dieu, même si ce qu’il dit ne plait pas à ceux qui l’écoutent.

Ensuite Jérémie appelle ses auditeurs à la conversion : « et, maintenant donc, changez de route, conduisez vous bien, écoutez l’appel du Seigneur votre Dieu ; alors il renoncera au malheur qu’il a décrété contre vous ». (v. 13). Jérémie ne prêche pas d’abord la destruction du temple, ou le malheur contre son peuple. Il prêche plutôt la conversion. Tout peut changer si vous écoutez la parole de Dieu, si vous changer de vie. Chers frères et sœurs, cet appel à la conversion nous est lancé aussi, nous qui écoutons cette parole.

Enfin Jérémie clame son innocence : « si vous me faites mourir, c’est d’un sang innocent que vous allez vous charger, vous-même et cette ville et tout ses habitants» (v. 15). Nous sommes invités donc, à travers cette lecture, à nous dépenser pour le Seigneur, et, par l’offrande de notre vie, à participer à la grande œuvre de Dieu, pour salut du monde.

Dans l’évangile St Mt nous relate le martyr de Jean Baptiste. Jean Baptiste avait dénoncé au nom de Dieu, le péché d’Hérode. C’est ainsi que la maitresse de celui-ci : Hérodiade le fit périr en abusant d’un serment que sa fille Salomé avait obtenu du roi. La mort de Jean Baptiste annonce celle de Jésus et tous deux mourront pour avoir rendu témoignage à la vérité.

Chers frères et sœurs,

Bien qu’Hérode soit un tyran cruel, Jean-Baptiste n’a pas hésité à condamner sa conduite adultère et à dénoncer son péché publiquement. En tant que prophète authentique, il a rendu témoignage à la vérité sans compromis. Jean-Baptiste était mu par l’Esprit-Saint pour donner un témoignage et enseigner au peuple que personne ne peut violer légitimement les commandements de Dieu, même pas un roi. Jean n’a pas eu peur des conséquences de ses actions. Il savait bien que s’il était resté fidèle à sa mission Dieu serait de son coté et que jamais il ne le laisserait tomber, même s’il devait souffrir à cause de la vérité.

            Soyons courageux, nous aussi, dans le témoignage de vie que nous donnons dans nos familles, avec nos amis, dans nos milieu de service et dans le monde dans son ensemble. Tenons bon malgré les épreuves, malgré les railleries de ceux qui s’opposent à la vérité et à la parole de Dieu.

            Demandons au Seigneur au cours de cette célébration eucharistique de nous donner la hardiesse de proclamer la vérité quoi qu’il nous en coute et, s’il le faut, de mourir pour la vérité à l’exemple de Jean-Baptiste et de Jésus notre Seigneur et Sauveur. Amen.

                                                              Abbé Michel MPANYA

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