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Séance académique à l’Université Catholique de Kinshasa SEANCE ACADEMIQUE A L’UCCAllocution du Cardinal L. MONSENGWO PASINYAKinshasa, le 29 janvier...

Séance académique à l’Université Catholique de Kinshasa

DSC05120SEANCE ACADEMIQUE A L’UCC
Allocution du Cardinal L. MONSENGWO PASINYA
Kinshasa, le 29 janvier 2015

Excellence Mgr le Nonce Apostolique,
Excellences Messeigneurs les Evêques,
Monsieur l’Abbé Recteur,
Honorables Députés et Sénateurs,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Messieurs les Abbés,
Révérends Pères,
Révérendes Sœurs, Révérends Frères,
Distingués invités, en vos titres et qualités respectifs,
Mesdames et Messieurs les Professeurs,
Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs du Corps étudiant

Les mots me manquent pour vous remercier, Monsieur l’Abbé Recteur, pour vos touchantes paroles d’accueil d’une part et, d’autre part, pour l’idée qu’avec vos collègues, vous avez eue de célébrer mes 50 ans de sacerdoce et mes 75 ans d’âge par une séance académique, consacrée à mon œuvre exégétique.   Je voudrais avant toute chose remercier Mgr le Nonce Apostolique, Messeigneurs les Evêques, toutes les autorités politiques, civiles et militaires pour l’amitié qu’ils me font par leur présence à cette séance académique. Que vous dire, Cher P. Valentin Ntumba, à qui fut échue la lourde tâche de décortiquer et d’analyser mes écrits durant quarante-trois ans et d’en tirer le fil conducteur. Que de souvenirs, que d’anecdotes me sont venues à l’esprit pendant la lecture de votre exposé! Quelle nostalgie aussi, depuis les débuts des Journées Bibliques Africaines (JBA) tenues en décembre 1978, JBA devenues APECA depuis le 3ème Congrès de Yaoundé (1987). Je vous remercie de la peine    que vous vous êtes imposée dans la lecture d’une pensée en évolution durant ces années. Je dois avouer que vous y avez réussi et je vous en félicite autant que je vous remercie.

Mais je m’en vais compléter le P. Ntumba dans certains faits qu’il a relatés sur Mme Suzanne Daniel, qui à l’époque étaient vraiment tragiques pour moi: Mme Daniel avait accepté la répartition des matières que je lui avais proposée en novembre 1968 et de fait – généreusement - elle avait renoncé à me gêner, promettant même de m’envoyer le résultat du travail de ses étudiants, travail purement littéraire et pas théologique. Ce qu’elle fit du reste. Mais lors de mon passage à Paris deux ans plus tard (1970), elle m’annonça qu’elle venait d’envoyer à la revue Vetus Testamentum un article intitulé «Les noms de la loi dans le Pentateuque grec». Je fus contrarié; car je partais à Rome pour déposer ma thèse au Biblique. La publication de son étude allait gêner celle de ma thèse plus tard. Heureusement (pour moi), son étude fut refusée par Vetus Testamentum.

Une autre déconvenue m’arriva du fait que la dernière année (1969-1970), le P. de la Potterie prit son année sabbatique à Eigenhove (Belgique). Les mois de juillet-octobre 1970, je l’ai donc suivi en Belgique pour travailler plus vite, sans les ennuis et le coût de la poste… Mais l’année d’avant, le Prof. Dr. Leysen, mon père adoptif belge, m’avait fait comprendre qu’il n’aimait pas beaucoup qu’on se contente de venir célébrer des messes pour chercher de l’argent. Mais comme je savais jouer de l’orgue, il souhaitait qu’on organise un récital d’orgue, auquel il inviterait ses amis et les miens, et l’achat du programme serait l’occasion idéale pour une levée de fonds. Le concert serait pour moi une manière de les remercier de tout ce qu’ils avaient fait pour moi pendant mes études en Europe. Le concert fut décidé pour le 18 septembre 1970. C’est progressivement que je l’ai préparé de 1969 à 1970 à Saint-Louis-des Français dont j’étais pensionnaire et organiste.

Au programme figuraient exclusivement des œuvres de J.S. Bach et de Flor Peeters, mon professeur. Le Concert nous donna 259.000 FB qui m’aidèrent à payer ma Volkswagen 120, dont le prix était de 50.000 FB à l’époque. Mais les 6 dernières semaines furent éprouvantes, car j’ai dû chaque jour répéter pendant 6 heures d’affilée à l’orgue de Saint Jacques à Anvers (de 9h à 15h), tout en continuant la rédaction du dernier chapitre de ma thèse. J’ai expérimenté qu’une vie organisée était capable de réaliser beaucoup de choses.

Je conclurai en disant que l’originalité de ma thèse était de découvrir que les LXX traduisaient par groupes sémantiques : yarah-tôrah + nomothetein-Nomos. Alors que de la grécité classique jusqu’à la période hellénistique nomothetein signifiait toujours légiférer au sens fort du terme, dans la LXX, il perd ce sens pour signifier par contre enseigner, instruire, conduire. Il en va de même de Nomos : Ainsi, il est toujours employé au singulier et la LXX évite de l’employer avec les verbes qui signifient observer la loi (φυλασσειν) mais l’utilise plutôt avec les verbes d’instruction et d’enseignement   (Ps 26(27),11; 85(86),11). Il y a manifestement un glissement de sens, qui est toute une interprétation.

Et le P. Ntumba a raison de dire que toute cette recherche visait l’interprétation africaine de la Bible, l’inculturation du message, les problèmes herméneutiques pour une interprétation existentiale, grâce aux méthodes de traduction et d’herméneutique mises en œuvre par la LXX. On n’ignore pas que la version des LXX est un chaînon dans la constitution progressive de la révélation biblique définitive.

Avant de vous donner ma bénédiction, je tiens à vous remercier tous des cadeaux que vous m’avez offerts. L’implication du comité de direction, du corps professoral, du corps administratif et du corps étudiant, bref de toute l’UCC à cette action, témoigne de l’affection et de l’estime que vous portez à ma modeste personne. Que le Seigneur, par l’intercession de la Vierge Marie, vous le rende au centuple,

Comment ne pas terminer avec cette phrase de l’Ecriture: ‘Vous aussi, quand vous avez fait tout ce qui vous était ordonné, dites’ : «Nous sommes des serviteurs quelconques. Nous avons fait seulement ce que nous devions faire» (Lc 17, 10).

+L. Cardinal MONSENGWO PASINYA
Archevêque de Kinshasa

Bicentenaire de DON BOSCO

DonBosco

La Famille Salésienne vous invite

ce 31 janvier 2015 de 08h30 à 16h30 au stade vélodrome de Kintambo

Thème annuel :

La Mission de DON BOSCO avec les jeunes et pour les jeunes

Excursion de S. Em. L. Card. MONSENGWO avec ses séminaristes

DSC04856Son Em. L. Card. MONSENGWO Pasinya a eu un échange de vœux avec tous les séminaristes de l’Archidiocèse de Kinshasa, ce samedi 27 décembre dans la concession des prêtres de la congrégation « Amour et Liberté » à Kimpoko. Cette excursion, dénommée catéchèse-détente, souligne et démontre la proximité de l’Archevêque de Kinshasa à l’égard de ses séminaristes et l’attention particulière qu’il accorde à la formation des futurs prêtres. Faisant d’une pierre deux coups, S. L. Card. MONSENGWO a donné ses séminaristes une catéchèse centrée sur la foi chez Saint Jean. Les bénéficiaires d’un tel enseignement riche n’ont pas manqué de mots pour dire leur considération et affection filiales à leur père, L. Card. MONSENGWO.

 

Message de Son Eminence Laurent Cardinal MONSENGWO PASINYA

armoiriesArchidiocèse de Kinshasa
Le Cardinal

N° Réf. : ARKIN/LMP/592/15

Message de Son Eminence Laurent Cardinal MOSENGWO PASINYA sur la situation dramatique qui règne dans le pays

Chers frères et sœurs,

  1. Ces derniers jours, Kinshasa est dans un état de siège incompréhensible. La Population est en ré; certains hommes politiques, avec les forces de l’ordre, sèment la désolation et créent l’insécurité générale. Nous stigmatisons ces agissements qui ont causé mort d’hommes et lançons vivement cet appel : Arrêtez de tuer votre peuple, ne marchez pas sur les cendres de vos concitoyens. En outre, nous désapprouvons et condamnons toute révision de la loi électorale qui viserait à vider l’article 220 de notre constitution de son contenu essentiel et à prolonger illégalement les échéances électorales de 2016.
  2.  Par ailleurs, nous invitons le Ministère en charge des médias de libérer tous les médias audiovisuels dont le signal a été volontairement interrompu. La démocratie dit pluralisme d’opinion et de pensée. Elle répugne à la pensée unique. Il n’est pas juste que les chaines nationales de télévision véhiculent uniquement la pensée de la majorité au pouvoir.
  3.  Nous appelons notre peuple à rester vigilant pour s’opposer par tous les moyens légaux et pacifiques à toute tentative de modification des lois essentielles au processus électoral dans notre pays et à éviter tout pillage de biens privés et publics.
  4.  Nous présentons nos sincères et profondes condoléances aux familles des victimes et prions pour le salut éternel des défunts. Puisse le seigneur, par l’intercession de la Vierge marie, accorder à notre pays une paix durable dans la justice et la vérité.

Avec notre cordiale bénédiction !

Archevêché de Kinshasa, le 20 janvier 2015.

+ L. Cardinal MONSENGWO PASINYA

Archevêque de Kinshasa

Télécharger une copie en PDF ici.

« La naissance du Christ est la célébration de l’accomplissement de la parole donnée; c’est la nuit et le jour de la plénitude du temps, déclare S. L. Card. MOSENGWO

« QUAND VINT LA PLENITUDE DU TEMPS, armoiriesDIEU ENVOYA SON FILS… » (Ga 4,4)

 

 NOEL 2014

Chers Frères et Sœurs, 

1.  La  nuit de Noël évoque toujours la paix. Inévitablement chacun(e) pense au chant du chœur des anges : «Gloire à Dieu au plus haut des cieux; paix sur la terre aux hommes qu’il aime» (Lc 2,14). Le souhait est de Dieu. Et quand Dieu souhaite, il réalise, il donne. Pourquoi souhaite-t-il la paix ?Parce que le Christ est né, le Messie promis depuis la nuit des temps originels : dès que l’homme et la femme ont péché : « Je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t’écrasera la tête pendant que tu essaies de l’atteindre au talon» (Gn 3,15). Là où le péché de l’homme abonde, la grâce de Dieu surabonde de même que le salut (Rm 5,23).

 2.  C’est pourquoi la naissance du Christ est la célébration de l’accomplissement de la parole donnée; c’est la nuit et le jour de la plénitude du temps. «Quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d’une femme,  [né sujet de la loi (mosaïque), afin de racheter les sujets de la loi], afin de nous conférer l’adoption filiale » (Gal 4, 4-5). Il nous a été promis, il est venu pour nous.

 

3.  «Image du Dieu invisible  (Col 1,15), il est l’Homme parfait qui a restauré dans la descendance d’Adam la ressemblance divine, altérée dès le premier péché. Parce qu’en lui la nature humaine a été assumée, non absorbée, par le fait même, cette nature a été élevée en nous aussi à une dignité sans égale, car par son incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme » (GS 22, §2).

 4. Aussi la nuit de Noël est-elle la nuit du silence et de la contemplation du grand mystère de l’incarnation de Dieu, quand Dieu vient changer l’histoire de l’humanité, en venant planter sa tente parmi nous. «Le Verbe s’est fait  chair et il a habité parmi nous» (Jn 1,14). Dieu a voulu vivre au  milieu de nous, pour projeter sa lumière sur la vie de l’homme et toutes les valeurs humaines. «Le Verbe était la vraie lumière qui en venant dans le monde, illumine tout homme» (Jn 1,9). Il dira  lui-même: «Je suis la lumière du monde. Celui qui vient  à ma suite ne marchera pas dans les ténèbres. Il aura la lumière qui conduit à la vie» (Jn 8,12). Le Verbe  est la lumière au sens fort. Tout homme, quelle que  soit son origine ou sa condition, peut et doit recevoir de lui les directives qui l’orienteront vers l’accomplissement de sa vie (TOB, p.292, n. k).

5.  Quelle lumière le Verbe projette-t-il dans la vie de l’humanité: l’image d’un enfant né dans une crèche et non dans un palais, image de la tendresse, de la faiblesse et non  de la puissance, l’image de la pauvreté et des pauvres bergers, l’image d’un enfant rejeté par les hommes qu’il vient visiter: «Le Verbe est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas accueilli» (Jn 1,11). A ceux qui l’accueillent, à ceux qui croient en son nom, il a donné le pouvoir  de devenir enfants de Dieu. Dieu se fait  proche des hommes, pas en s’imposant par la force, mais en frappant à la porte des esprits (foi) et des cœurs (amour) (cfr Ap 3, 20). Dès le départ, le Christ est rejeté, le Christ va à l’encontre des valeurs du monde, mais le Christ se fait proche des hommes pour demeurer avec eux. Sa présence est une  présence qui fait appel à la Foi de l’intelligence et à l’Amour du cœur. Il se révèle aux pauvres.

 6.  En se révélant de cette manière, en se mettant du côté des pauvres et des faibles et des rejetés, le Fils de Dieu rejoint tous les humains par ce qui appartient à leur nature, ce qu’ils ont  d’essentiel et non par ce qu’ils ont d’accidentel et de circonstanciel. Il convenait, en effet, que le Fils de l’homme montre ce qui fait la grandeur de l’homme, ce qui fait l’homme: c’est sa pauvreté, son humilité, son abaissement, pour le service des autres.

L’Amour se fait petit et se fait service (cfr Mt 20,20-28)

L’Amour se dépouille pour combler les autres (cfr Lc 1,59)

L’Amour se fait pauvre pour enrichir les autres (cfr 2 Cor 8,9)

7.  La manifestation du «Sauveur, Christ Seigneur » (Lc 2,14) aux pauvres, les bergers, a été suivie d’une réaction immédiate. Dès qu’ils ont entendu l’annonce de l’Ange, les bergers se dirent : «Allons donc jusqu’à Bethléem, et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaitre » (Lc 2, 15). Réponse généreuse et rapide des bergers. Aussitôt informés, ils se rendent sur les lieux pour s’assurer de l’exactitude des faits. Vérification faite de la véracité du message de l’Ange, ils se font eux-mêmes  et sans qu’on les y envoie, les missionnaires de cette Bonne Nouvelle, qui d’après les dires de l’Ange, sera cause de joie pour tout le peuple (cfr Lc 2, 14). Le Seigneur avait eu raison de choisir ces hommes de « bonne volonté », ces hommes au cœur droit, comme destinataires de l’annonce du salut. Ils en ont  compris et la portée et les implications. Ils se mettent à l’œuvre et se rendent disponibles à Dieu pour la mission du salut.

 

8.  Ces cœurs simples et droits, qui comprennent le sens, la portée des messages du salut, voilà ce qu’il nous faut obtenir du Seigneur pour devenir apôtres et missionnaires de la Bonne Nouvelle de Jésus Christ dans le monde.

 

9.  Par l’intercession de la Vierge Marie, Mère de Dieu et de Saint Joseph, Père nourricier de Jésus, puisse le divin Enfant nous combler de paix, de joie et d’amour à l’occasion de Noël et tout au long de la Nouvelle Année.

 

10.   Avec mon  affectueuse bénédiction.

  

 

  

  

+ L. Card. MONSENGWO PASINYA
                                                                                       Archevêque de Kinshasa

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Titre : « La naissance du Christ est la célébration de l’accomplissement de la parole donnée; c’est la nuit et le jour de la plénitude du temps, déclare S. L. Card. MOSENGWO

 

 

 

 

 

« QUAND VINT LA PLENITUDE DU TEMPS,

DIEU ENVOYA SON FILS… » (Ga 4,4)

 

NOEL 2014

Chers Frères et Sœurs, 

 

1.     La  nuit de Noël évoque toujours la paix. Inévitablement chacun(e) pense au chant du chœur des anges : «Gloire à Dieu au plus haut des cieux; paix sur la terre aux hommes qu’il aime» (Lc 2,14). Le souhait est de Dieu. Et quand Dieu souhaite, il réalise, il donne. Pourquoi souhaite-t-il la paix ?Parce que le Christ est né, le Messie promis depuis la nuit des temps originels : dès que l’homme et la femme ont péché : « Je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t’écrasera la tête pendant que tu essaies de l’atteindre au talon» (Gn 3,15). Là où le péché de l’homme abonde, la grâce de Dieu surabonde de même que le salut (Rm 5,23).

 

2.     C’est pourquoi la naissance du Christ est la célébration de l’accomplissement de la parole donnée; c’est la nuit et le jour de la plénitude du temps. «Quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d’une femme,  [né sujet de la loi (mosaïque), afin de racheter les sujets de la loi], afin de nous conférer l’adoption filiale » (Gal 4, 4-5). Il nous a été promis, il est venu pour nous.

 

3.     «Image du Dieu invisible  (Col 1,15), il est l’Homme parfait qui a restauré dans la descendance d’Adam la ressemblance divine, altérée dès le premier péché. Parce qu’en lui la nature humaine a été assumée, non absorbée, par le fait même, cette nature a été élevée en nous aussi à une dignité sans égale, car par son incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme » (GS 22, §2).

 

4.     Aussi la nuit de Noël est-elle la nuit du silence et de la contemplation du grand mystère de l’incarnation de Dieu, quand Dieu vient changer l’histoire de l’humanité, en venant planter sa tente parmi nous. «Le Verbe s’est fait  chair et il a habité parmi nous» (Jn 1,14). Dieu a voulu vivre au  milieu de nous, pour projeter sa lumière sur la vie de l’homme et toutes les valeurs humaines. «Le Verbe était la vraie lumière qui en venant dans le monde, illumine tout homme» (Jn 1,9). Il dira  lui-même: «Je suis la lumière du monde. Celui qui vient  à ma suite ne marchera pas dans les ténèbres. Il aura la lumière qui conduit à la vie» (Jn 8,12). Le Verbe  est la lumière au sens fort. Tout homme, quelle que  soit son origine ou sa condition, peut et doit recevoir de lui les directives qui l’orienteront vers l’accomplissement de sa vie (TOB, p.292, n. k).

5.     Quelle lumière le Verbe projette-t-il dans la vie de l’humanité: l’image d’un enfant né dans une crèche et non dans un palais, image de la tendresse, de la faiblesse et non  de la puissance, l’image de la pauvreté et des pauvres bergers, l’image d’un enfant rejeté par les hommes qu’il vient visiter: «Le Verbe est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas accueilli» (Jn 1,11). A ceux qui l’accueillent, à ceux qui croient en son nom, il a donné le pouvoir  de devenir enfants de Dieu. Dieu se fait  proche des hommes, pas en s’imposant par la force, mais en frappant à la porte des esprits (foi) et des cœurs (amour) (cfr Ap 3, 20). Dès le départ, le Christ est rejeté, le Christ va à l’encontre des valeurs du monde, mais le Christ se fait proche des hommes pour demeurer avec eux. Sa présence est une  présence qui fait appel à la Foi de l’intelligence et à l’Amour du cœur. Il se révèle aux pauvres.

 

6.     En se révélant de cette manière, en se mettant du côté des pauvres et des faibles et des rejetés, le Fils de Dieu rejoint tous les humains par ce qui appartient à leur nature, ce qu’ils ont  d’essentiel et non par ce qu’ils ont d’accidentel et de circonstanciel. Il convenait, en effet, que le Fils de l’homme montre ce qui fait la grandeur de l’homme, ce qui fait l’homme: c’est sa pauvreté, son humilité, son abaissement, pour le service des autres.

L’Amour se fait petit et se fait service (cfr Mt 20,20-28)

L’Amour se dépouille pour combler les autres (cfr Lc 1,59)

L’Amour se fait pauvre pour enrichir les autres (cfr 2 Cor 8,9)

7.     La manifestation du «Sauveur, Christ Seigneur » (Lc 2,14) aux pauvres, les bergers, a été suivie d’une réaction immédiate. Dès qu’ils ont entendu l’annonce de l’Ange, les bergers se dirent : «Allons donc jusqu’à Bethléem, et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaitre » (Lc 2, 15). Réponse généreuse et rapide des bergers. Aussitôt informés, ils se rendent sur les lieux pour s’assurer de l’exactitude des faits. Vérification faite de la véracité du message de l’Ange, ils se font eux-mêmes  et sans qu’on les y envoie, les missionnaires de cette Bonne Nouvelle, qui d’après les dires de l’Ange, sera cause de joie pour tout le peuple (cfr Lc 2, 14). Le Seigneur avait eu raison de choisir ces hommes de « bonne volonté », ces hommes au cœur droit, comme destinataires de l’annonce du salut. Ils en ont  compris et la portée et les implications. Ils se mettent à l’œuvre et se rendent disponibles à Dieu pour la mission du salut.

 

8.     Ces cœurs simples et droits, qui comprennent le sens, la portée des messages du salut, voilà ce qu’il nous faut obtenir du Seigneur pour devenir apôtres et missionnaires de la Bonne Nouvelle de Jésus Christ dans le monde.

 

9.     Par l’intercession de la Vierge Marie, Mère de Dieu et de Saint Joseph, Père nourricier de Jésus, puisse le divin Enfant nous combler de paix, de joie et d’amour à l’occasion de Noël et tout au long de la Nouvelle Année.

 

10.        Avec mon  affectueuse bénédiction.

  

 

  

  

+ L. Card. MONSENGWO PASINYA

                                                                                       Archevêque de Kinshasa

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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