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Visite à l'Archevêché de Kinshasa Le nouvel Evêque élu de Lolo, Monseigneur Bertin NADONYE NDONGO, reçu à l'Archevêché ce mercredi...

Visite à l'Archevêché de Kinshasa

mgr bertinLe nouvel Evêque élu de Lolo, Monseigneur Bertin NADONYE NDONGO, reçu à l'Archevêché ce mercredi 04 mars 2015 par Son Eminence Laurent Cardinal MONSENGWO PASINYA.

« Tenez ferme » (Jc5,8) : Message du Pape François pour le Carême 2015.

pape 2« Chers frères et sœurs,

Le Carême est un temps de renouveau pour  l’Église, pour les communautés et pour chaque fidèle. Mais c’est surtout un « temps de grâce » (2 Co 6,2). Dieu ne nous demande rien qu’il ne nous ait donné auparavant : « Nous aimons parce que Dieu  lui-même nous a aimés le premier » (1 Jn4, 19). Il n’est pas indifférent à nous. Il porte chacun de nous dans son cœur, il nous connaît par notre nom, il prend soin de nous et il nous cherche quand nous l’abandonnons. Chacun de nous l’intéresse ; son amour l’empêche d’être indifférent à ce qui nous arrive. Mais il arrive que, quand nous allons bien et nous prenons nos aises, nous oublions sûrement de penser aux autres (ce que Dieu le Père ne fait  jamais), nous ne nous intéressons plus à leurs problèmes, à leurs souffrances et aux injustices qu’ils subissent… alors notre cœur tombe dans l’indifférence : alors que je vais relativement bien et que tout me réussit, j’oublie ceux qui ne vont pas bien. Cette attitude égoïste, d’indifférence, a pris aujourd’hui une dimension mondiale, au point que nous pouvons parler d’une mondialisation de l’indifférence. Il s’agit d’un malaise que, comme chrétiens, nous devons affronter.

Quand le peuple de Dieu se convertit à son amour, il trouve les réponses à ces questions que l’histoire lui pose continuellement. Un des défis les plus urgents sur lesquels je veux m’arrêter dans ce message, est celui de la mondialisation de l’indifférence. L’indifférence envers son prochain et envers Dieu est une tentation réelle même pour nous, chrétiens. C’est pour cela que nous avons besoin d’entendre, lors de chaque Carême, le cri des prophètes qui haussent la voix et qui nous réveillent. Dieu n’est pas indifférent au monde, mais il l’aime jusqu’à donner son Fils pour le salut de tout homme. À travers l’incarnation, la vie terrestre, la mort et la résurrection du Fils de Dieu, la porte entre Dieu et l’homme, entre le ciel et la terre, s’est définitivement ouverte. Et l’Église est comme la main qui maintient ouverte cette porte grâce à  la proclamation de la Parole, à la célébration des sacrements, au témoignage de la foi qui devient agissante dans l’amour (cf. Ga5,6). Toutefois, le monde tend à s’enfermer sur lui-même et à fermer cette porte par laquelle Dieu entre dans le monde et le monde en lui. Ainsi, la main, qui est l’Église, ne doit jamais être surprise si elle est repoussée, écrasée et blessée. C’est pourquoi, le peuple de Dieu a besoin de renouveau, pour ne pas devenir indifférent et se renfermer sur lui-même. Je voudrais vous proposer trois pistes à méditer pour ce renouveau.

1. « Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance » (1 Co12,26) – L’Église

La charité de Dieu qui rompt ce mortel enfermement sur soi-même qu’est l’indifférence, nous est offerte par l’Église dans son enseignement et, surtout, dans son témoignage. Cependant, on ne peut témoigner que de ce que l’on a éprouvé auparavant. Le chrétien est celui qui permet à Dieu de le revêtir de sa bonté et de sa miséricorde, de le revêtir du Christ, pour devenir comme lui, serviteur de Dieu et des hommes. La liturgie du Jeudi Saint, avec le rite du lavement des pieds, nous le rappelle bien. Pierre ne voulait pas que Jésus lui lave les pieds, mais il a ensuite compris que Jésus ne veut pas être seulement un exemple de la manière dont nous devons nous laver les pieds les uns les autres. Ce service ne peut être rendu que par celui qui s’est d’abord laissé laver les pieds par le Christ. Seul celui-là a « part » avec lui (Jn13,8) et peut ainsi servir l’homme. Le Carême est un temps propice pour nous laisser servir par le Christ et apprendre ainsi à servir comme lui. Cela advient lorsque nous écoutons la Parole de Dieu et recevons les sacrements, en particulier l’Eucharistie. En elle, nous devenons ce que nous recevons : le Corps du Christ. Grâce à ce corps, cette indifférence, qui semble prendre si souvent le pouvoir sur nos cœurs, ne trouve plus de place en nous. Puisque ceux qui sont du Christ appartiennent à l’unique Corps du Christ et en lui personne n’est indifférent à l’autre. « Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie » (1 Co12,26).

L’Église est une communio sanctorum parce que les saints y prennent part, mais aussi parce qu’elle est communion de choses saintes : l’amour de Dieu révélé à nous dans le Christ ainsi que tous les dons divins. Parmi eux, il y a aussi la réponse de tous ceux qui se laissent atteindre par un tel amour. Dans cette communion des saints et dans cette participation aux choses saintes personne n’a rien en propre, et ce qu’il possède est pour tout le monde. Et puisque nous sommes liés en Dieu, nous pouvons faire quelque chose autant pour ceux qui sont loin, que pour ceux que nous ne pourrions jamais rejoindre par nos propres forces, puisque nous prions Dieu avec eux et pour eux, afin que nous nous ouvrions tous ensemble à son œuvre de salut.

2. « Où est ton frère ? » (Gn4,9) – Les paroisses et les communautés

Il est nécessaire de traduire tout l’enseignement de l’Église universelle dans la vie concrète des paroisses et des communautés chrétiennes. Réussit-on au cœur de ces réalités ecclésiales à faire l’expérience d’appartenir à un seul corps ? Un corps qui en même temps reçoit et partage tout ce que Dieu désire donner ? Un corps qui connaît et qui prend soin de ses membres les plus faibles, les plus pauvres et les plus petits ? Ou bien nous réfugions-nous dans un amour universel qui s’engage en faveur d’un monde lointain mais qui oublie le Lazare qui est assis devant sa propre porte fermée ? (cf. Lc16,19-31). Pour recevoir et faire  fructifier pleinement ce que Dieu nous donne, il faut dépasser les frontières de l’Église visible dans deux directions. D’une part, en nous unissant à l’Église du ciel dans la prière. Quand l’Église terrestre prie, s’instaure une communion de service réciproque et de bien qui parvient jusqu’en la présence de Dieu. Avec les saints qui ont trouvé leur plénitude en Dieu, nous faisons partie de cette communion dans laquelle l’indifférence est vaincue par l’amour.

L’Église du ciel n’est pas triomphante parce qu’elle a tourné le dos aux souffrances du monde et se réjouit toute seule. Au contraire, les saints peuvent déjà contempler et jouir du fait que, avec la mort et la résurrection de Jésus, ils ont vaincu définitivement l’indifférence, la dureté du cœur et la haine. Tant que cette victoire de l’amour ne pénètre pas le monde entier, les saints marchent avec nous qui sommes encore pèlerins. Sainte Thérèse de Lisieux, docteur de l’Église, convaincue que la joie dans le ciel par la victoire de l’amour crucifié n’est pas complète tant qu’un seul homme sur la terre souffre et gémit, écrivait : « Je compte bien ne pas rester inactive au Ciel, mon désir est de travailler encore pour l’Église et les âmes » (Lettre 254, 14  juillet 1897). Nous aussi, nous participons aux mérites et à la joie des saints et eux participent à notre lutte et à notre désir de paix et de réconciliation. Leur bonheur de jouir de la victoire du Christ ressuscité nous est un motif de force pour dépasser tant de formes d’indifférence et de dureté du cœur. D’autre part, chaque communauté chrétienne est appelée à franchir le seuil qui la met en relation avec la société qui l’entoure, avec les pauvres et ceux qui sont loin. L’Église est, par nature, missionnaire, et elle n’est pas repliée sur elle-même, mais envoyée à tous les hommes.

Cette mission est le témoignage patient de celui qui veut porter au Père toute la réalité humaine et chaque homme en particulier. La mission est ce que l’amour ne peut pas taire. L’Église suit Jésus Christ sur la route qui la conduit vers tout homme, jusqu’aux confins de la terre (cf. Ac1,8). Nous pouvons ainsi voir dans notre prochain le frère et la sœur pour lesquels le Christ est mort et ressuscité. Tout ce que nous avons reçu, nous l’avons reçu  aussi pour eux. Et pareillement, ce que ces frères possèdent est un don pour l’Église et pour l’humanité entière. Chers frères et sœurs, je désire tant que les lieux où se manifeste l’Église, en particulier nos paroisses et nos communautés, deviennent des îles de miséricorde au milieu de la mer de l’indifférence !

3. « Tenez ferme » (Jc5,8) – Chaque fidèle

Même en tant qu’individus nous sommes souvent tentés d’être indifférents à la misère des autres. Nous sommes saturés de nouvelles et d’images  bouleversantes qui nous racontent la souffrance humaine et nous sentons en même temps toute notre incapacité à intervenir. Que faire pour ne pas se laisser absorber par cette spirale de peur et d’impuissance ? Tout d’abord, nous pouvons prier dans la communion de l’Église terrestre et céleste. Ne négligeons pas la force de la prière de tant de personnes ! L’initiative 24 heures pour le Seigneur, qui, j’espère, aura lieu dans toute l’Église, même au niveau  diocésain, les 13 et 14 mars, veut montrer cette nécessité de la prière. Ensuite, nous pouvons aider par des gestes de charité, rejoignant aussi bien ceux qui sont proches que ceux qui sont loin, grâce aux nombreux organismes de charité de l’Église. Le Carême est un temps propice pour montrer cet intérêt envers l’autre par un signe, même petit, mais concret, de notre participation à notre humanité commune.

Enfin, la souffrance de l’autre constitue un appel à la conversion parce que le besoin du frère me rappelle la fragilité de ma vie, ma dépendance envers Dieu et mes frères. Si nous demandons humblement la grâce de Dieu et que nous acceptons les limites de nos possibilités, alors nous aurons confiance dans les possibilités infinies que l’amour de Dieu a en réserve. Et nous pourrons résister à la tentation diabolique qui nous fait croire que nous pouvons nous sauver et sauver le monde tout seuls.

Pour dépasser l’indifférence et nos prétentions de toute-puissance, je voudrais demander à tous de vivre ce temps de Carême comme un parcours de formation du cœur, comme l’a dit Benoît XVI  (cf. Lett. Enc. Deus caritas est, n. 31). Avoir un cœur miséricordieux ne veut pas dire avoir un  cœur faible. Celui qui veut être miséricordieux a besoin d’un cœur fort, solide, fermé au tentateur, mais ouvert à Dieu. Un cœur qui se laisse pénétrer par l’Esprit et porter sur les voies de l’amour qui conduisent à nos frères et à nos sœurs. Au fond, un cœur pauvre, qui connaisse en fait ses propres pauvretés et qui se dépense pour l’autre.

Pour cela, chers frères et sœurs, je désire prier avec vous le Christ en ce Carême : « Fac cor nostrum secundum cor tuum » : « Rends notre cœur semblable au tien » (Litanies du Sacré Cœur de  Jésus). Alors nous aurons un cœur fort et miséricordieux, vigilant et généreux, qui ne se laisse pas enfermer en lui-même et qui ne tombe pas dans le vertige de la mondialisation de l’indifférence. Avec ce souhait, je vous assure de ma prière afin que chaque croyant et chaque communauté ecclésiale parcourt avec fruit le chemin du Carême, et je vous demande de prier pour moi. Que le Seigneur vous bénisse et que la Vierge Marie vous garde.

Du Vatican, le 4 octobre 2014, Fête de saint François d’Assise

Allocution de S. Em. L. Card. à l'UCC lors de la séance académique le 29 janvier 2015

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SEANCE ACADEMIQUE A L’UCC

Allocution du Cardinal L. MONSENGWO PASINYA

Kinshasa, le 29 janvier 2015

 

 Excellence Mgr le Nonce Apostolique,

 Excellences Messeigneurs les Evêques,

 Monsieur l’Abbé Recteur,

 Honorables Députés et Sénateurs,

 Mesdames et Messieurs les Ministres,

 Messieurs les Abbés,

 Révérends Pères,

 Révérendes Sœurs,

Révérends Frères,

Distingués invités, en vos titres et qualités respectifs,

Mesdames et Messieurs les Professeurs,

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs du Corps étudiant

  

Les mots me manquent pour vous remercier, Monsieur l’Abbé Recteur, pour vos touchantes paroles d’accueil d’une part et, d’autre part, pour l’idée qu’avec vos collègues, vous avez eue de célébrer mes 50 ans de sacerdoce et mes 75 ans        d’âge par une séance académique, consacrée à mon œuvre exégétique. Je voudrais avant toute chose remercier Mgr le Nonce Apostolique,         Messeigneurs les Evêques, toutes les autorités politiques, civiles et militaires pour l’amitié qu’ils me font par leur présence à cette séance académique.

Que vous dire, Cher P. Valentin Ntumba, à qui fut échue la lourde tâche de décortiquer et d’analyser mes écrits durant quarante-trois ans et d’en tirer le fil conducteur. Que de souvenirs, que d’anecdotes me sont venues à l’esprit         pendant la lecture de votre exposé! Quelle nostalgie aussi, depuis les débuts des Journées Bibliques Africaines (JBA) tenues en décembre 1978, JBA devenues APECA depuis le 3ème Congrès de Yaoundé (1987). Je vous remercie de la peine    que vous vous êtes imposée dans la lecture d’une pensée en évolution durant ces années. Je dois avouer que vous y avez réussi et je vous en félicite autant que je vous remercie.

 

Mais je m’en vais compléter le P. Ntumba dans certains faits qu’il a relatés sur       Mme Suzanne Daniel, qui à l’époque étaient vraiment tragiques pour moi :         Mme Daniel avait accepté la répartition des matières que je lui avais proposée en novembre 1968 et de fait – généreusement - elle avait renoncé à me gêner, promettant même de m’envoyer le résultat du travail de ses étudiants, travail purement littéraire et pas théologique. Ce qu’elle fit du reste. Mais lors de mon passage à Paris deux ans plus tard (1970), elle m’annonça qu’elle venait d’envoyer à la revue Vetus Testamentum un article intitulé «Les noms de la loi dans le Pentateuque grec».  Je fus contrarié; car je partais à Rome pour déposer ma thèse au Biblique. La publication de son étude allait gêner celle de ma thèse plus tard. Heureusement (pour moi), son étude fut refusée par Vetus Testamentum.

 

Une autre déconvenue m’arriva du fait que la dernière année (1969-1970), le P. de la Potterie prit son année sabbatique à Eigenhove (Belgique). Les mois de juillet-octobre 1970, je l’ai donc suivi en Belgique pour travailler plus vite, sans les ennuis et le coût de la poste… Mais l’année d’avant, le Prof. Dr. Leysen, mon père adoptif belge, m’avait fait comprendre qu’il n’aimait pas beaucoup qu’on se contente de venir célébrer des messes pour chercher de l’argent. Mais comme je savais jouer de l’orgue, il souhaitait qu’on organise un récital d’orgue, auquel il inviterait ses amis et les miens, et l’achat du programme serait l’occasion idéale pour une levée de fonds. Le concert serait pour moi une manière de les remercier de tout ce qu’ils avaient fait pour moi pendant mes études en Europe. Le concert fut décidé pour le 18 septembre 1970. C’est progressivement que je l’ai préparé de 1969 à 1970 à Saint-Louis-des Français dont j’étais pensionnaire et organiste.

  

Au programme figuraient exclusivement des œuvres de J.S. Bach et de Flor Peeters, mon professeur. Le Concert nous donna 259.000 FB qui m’aidèrent à payer ma Volkswagen 120, dont le prix était de 50.000 FB à l’époque. Mais les 6 dernières semaines furent éprouvantes, car j’ai dû chaque jour répéter pendant 6 heures d’affilée à l’orgue de Saint Jacques à Anvers (de 9h à 15h), tout en continuant la rédaction du dernier chapitre de ma thèse. J’ai expérimenté qu’une vie organisée était capable de réaliser beaucoup de choses.

  

Je conclurai en disant que l’originalité de ma thèse était de découvrir que les LXX traduisaient par groupes sémantiques : yarah-tôrah + nomothetein-Nomos. Alors que de la grécité classique jusqu’à la période hellénistique nomothetein signifiait toujours légiférer au sens fort du terme, dans la LXX, il perd ce sens pour signifier par contre enseigner, instruire, conduire. Il en va de même de Nomos : Ainsi, il est toujours employé au singulier et la LXX évite de l’employer avec les verbes qui signifient observer la loi (φυλασσειν) mais l’utilise plutôt avec les verbes d’instruction et d’enseignement   (Ps 26(27),11; 85(86),11). Il y a manifestement un glissement de sens, qui est toute une interprétation.

  

Et le P. Ntumba a raison de dire que toute cette recherche visait l’interprétation africaine de la Bible, l’inculturation du message, les problèmes herméneutiques pour une interprétation existentiale, grâce aux méthodes de traduction et d’herméneutique mises en œuvre par la LXX. On n’ignore pas que la version des LXX est un chaînon dans la constitution progressive de la révélation biblique définitive. 

 

Avant de vous donner ma bénédiction, je tiens à vous remercier tous des cadeaux que vous m’avez offerts. L’implication du comité de direction, du corps professoral, du corps administratif et du corps étudiant, bref de toute l’UCC à cette action, témoigne de l’affection et de l’estime que vous portez à ma modeste personne. Que le Seigneur, par l’intercession de la Vierge Marie, vous le rende au centuple,

  

Comment ne pas terminer avec cette phrase de l’Ecriture: ‘Vous aussi, quand vous avez fait tout ce qui vous était ordonné, dites’ : «Nous sommes des serviteurs quelconques. Nous avons fait seulement ce que nous devions faire» (Lc 17, 10).

    

+L. Cardinal MONSENGWO PASINYA

 

       Archevêque de Kinshasa

 

Bicentenaire de Saint Jean BOSCO: Homélie du Cardinal Laurent MONSENGWO PASINYA

DonBoscoBICENTENAIRE DE SAINT JEAN BOSCO
Homélie du Cardinal Laurent MONSENGWO PASINYA
Vélodrome-Kintambo
Kinshasa, le 31 janvier 2015

Chers Frères et Sœurs,

Distingués invités, en vos titres et qualités respectifs,

Chers membres de la grande famille salésienne

En ce 31 janvier 2015, la famille salésienne et l’Église universelle célèbrent le bicentenaire de la naissance de celui qui, à juste titre, est appelé «l’apôtre des jeunes» : Saint Jean Bosco.

Né à Castelnuovo d'Asti en 1815, Jean est éduqué par sa mère à la foi et à la pratique cohérente du message de l'Evangile. A neuf ans, un songe lui fait comprendre qu'il aura à se consacrer à l'éducation de la jeunesse. Et malgré son jeune âge, il commence à occuper ses camarades par des jeux entrecoupés de prières et d'instructions religieuses. Ordonné prêtre en 1841, il choisit comme programme de vie : Da mihi animas, cetera tolle (Gn 14, 21), et commence son apostolat parmi les jeunes les plus pauvres par la fondation de l'Oratoire, qu'il place sous la protection de Saint François de Sales.

Par le style de son éducation et sa manière de faire la pastorale, qu'il base sur la raison, la religion et le cœur, il amène les adolescents et les jeunes à réfléchir, à rencontrer le Christ et leurs frères, à renforcer leur foi et à la célébrer dans les sacrements, à s'engager dans l'apostolat et à apprendre un métier. Un des plus beaux fruits de sa pédagogie est l'adolescent de quinze ans, Saint Dominique Savio.

La source de son activité inlassable et de l'efficacité de son action est son «union constante avec Dieu» et sa confiance sans bornes en Marie Auxiliatrice qui inspire et soutient toute son œuvre. A ses fils salésiens, il laisse en héritage une forme de vie religieuse simple, mais solidement fondée sur les vertus chrétiennes ; elle se résume en deux mots : « travail et tempérance ».

C'est parmi ses jeunes gens qu'il trouve les meilleurs collaborateurs de son œuvre, pour donner le jour à la Société de Saint François de Sales. Avec Sainte Marie Dominique Mazzarello, il fonde l’Institut des Filles de Marie Auxiliatrice. Enfin, avec des hommes et des femmes laïques valables et travailleurs, il crée, pour appuyer et soutenir son œuvre, les Coopérateurs salésiens, précurseurs de nouvelles formes d'apostolat dans l’Eglise.

Il meurt le 31 janvier 1888. Au cours de la célébration du centenaire de sa mort, le pape Saint Jean-Paul II l'a déclaré et proclamé Père et Maître de la jeunesse, en décrétant «qu’il fût honoré et invoqué sous ce titre, en particulier par tous ceux qui sont ses fils spirituels».

Le visage du «Père et Maître de la jeunesse» se présente comme un signe de la providence de Dieu qui inspire «toute bonne résolution» et ne laisse jamais son Eglise dépourvue de saints. Docile à l'action de 1'Esprit et fidèle disciple à l’école de la Vierge Marie, Jean est l'infatigable apôtre qui affronte le travail avec «un regard prophétique sur les temps nouveaux», et «prépare les nouvelles générations à affronter la vie en leur inculquant la sagesse, l'honnêteté et une foi active»; toujours «pour le bien de l'Eglise».

La participation joyeuse à cette fête eucharistique est pour toute assemblée un engagement de fidélité «aux promesses du baptême», en d'autres termes un engagement à «marcher (toujours) dans la foi, l'espérance et l’amour»; à «chercher le salut de nos frères» en les servant «avec joie», pour que «nous vivions pour la louange de la gloire» du Père, et que tous puissent participer un jour à la fête éternelle du ciel. C'est pourquoi les fidèles invoquent le don de la charité apostolique qui se vit avec une «activité inlassable», pour suivre avec joie l'exemple et les enseignements de Saint Jean Bosco, et «pour continuer sur toute la terre sa mission de maître et de père de la jeunesse».

« Laissez les enfants venir à moi; ne les empêchez pas», dit le Seigneur. «Car c’est à ceux qui leur ressemblent qu’appartient le Royaume de Dieu» (Mc 10, 14).

Prions en ce jour pour que notre Archidiocèse et l’Eglise au Congo comme l’Eglise universelle intériorisent ces paroles du Christ afin d’offrir à la jeunesse des maîtres de sagesse à l’exemple de Saint Jean Bosco.

Puisse la Vierge Marie, que Saint Jean Bosco vénérait tant, accompagner l’Eglise dans cette œuvre d’éducation.

+ L. Cardinal MONSENGWO PASINYA

       Archevêque de Kinshasa

L’Université Catholique du Congo célèbre les 50 ans de sacerdoce et les 75 ans d’âge de S. Em. L. Cardinal MONSENGWO Pasinya par une séance académique

DSC05544 L’Université Catholique du Congo a célébré, ce jeudi 29 janvier 2015, dans son amphithéâtre, les 50 ans de sacerdoce et les 75 ans d’âge de S. Em. L. Cardinal MONSENGWO Pasinya par une séance académique, consacrée à son œuvre exégétique. Le P. Valentin Ntumba, à qui fut échue la lourde tâche de décortiquer et d’analyser les écrits de Son Éminence, durant quarante-trois ans et d’en tirer le fil conducteur a donné les grandes lignes de la pensée de l’Archevêque de Kinshasa. L’originalité de la pensée du Cardinal Monsengwo, comme lui-même va le rappeler à l’assemblée dans son mot de remerciement, était de découvrir que les LXX traduisaient par groupes sémantiques : yarah-tôrah + nomothetein-Nomos. Alors que de la grécité classique jusqu’à la période hellénistique nomothetein signifiait toujours légiférer au sens fort du terme, dans la LXX, il perd ce sens pour signifier par contre enseigner, instruire, conduire. Il en va de même de Nomos : Ainsi, il est toujours employé au singulier et la LXX évite de l’employer avec les verbes qui signifient observer la loi (φυλασσειν) mais l’utilise plutôt avec les verbes d’instruction et d’enseignement   (Ps 26(27),11; 85(86),11). Il y a manifestement un glissement de sens, qui est toute une interprétation. Toute cette recherche visait l’interprétation africaine de la Bible, l’inculturation du message, les problèmes herméneutiques pour une interprétation existentiale, grâce aux méthodes de traduction et d’herméneutique mises en œuvre par la LXX. On n’ignore pas que la version des LXX est un chaînon dans la constitution progressive de la révélation biblique définitive.

  

Très ému, S. Em. L. Card. MONSENGWO a remercié tout le monde des cadeaux lui offerts, mais aussi pour l’affection et de l’estime portées à sa modeste personne. Commencée à 10h00, la séance académique a pris fin à 13H25.

  

Placide OKALEMA

 

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