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Pâques 2015: Homélie du Card. Laurent Monsengwo Pasinya (Français/Lingala) « On a enlevé le Seigneur du tombeau » (Jn 20,2) Chers frères et sœurs, « On a...
35 ANS D’EPISCOPAT: Homélie de S. E. le Cardinal Laurent MONSENGWO PASINYA Cathédrale Notre Dame du Congo, 04 mai 2015« Chantez au Seigneur un chant nouveau, car il a...

35 ANS D’EPISCOPAT: Homélie de S. E. le Cardinal Laurent MONSENGWO PASINYA

msgCathédrale Notre Dame du Congo, 04 mai 2015
« Chantez au Seigneur un chant nouveau, car il a fait des merveilles » (Ps 97,1)

Chers Frères et Sœurs,

  1. Tel est le cri de joie et d’action de grâces que j’élève au Seigneur de tendresse et de miséricorde, en ce jour mémorable. Sans aucun mérite de ma part, Il « m’a jugé digne de confiance en me prenant à son service » (1 Tm 1,12). Il m’a appelé, voici 35 ans, à faire partie du collège épiscopal, c’est-à-dire de ceux qui consacrent leur vie à servir : servir le peuple de Dieu par la parole de l’Evangile, les moyens de salut que sont les sacrements et le témoignage de vie.

  2. Aujourd’hui résonnent encore à nos oreilles les paroles de l’homélie du Pape Saint Jean-Paul II : « Je ne vous appelle plus serviteurs…, je vous appelle amis » (Jn 15,15)…Vous avez été choisis pour « paître le troupeau dont l’Esprit Saint vous a institués gardiens » (Ac 20,28), évêques pour le présider au nom et en place de Dieu, et marcher à sa tête » (Jean-Paul II au Zaïre, p. 59).

  3. « Vous êtes d’abord responsables de la prédication de l’Evangile dont le livre va être imposé sur votre tête durant la prière consécratoire, puis remis entre vos mains :…Comme la liturgie va vous le dire, « à temps et à contre-temps, prêchez vous-mêmes la parole de Dieu avec une grande patience et le souci d’instruire. Vous êtes au premier chef les témoins de la vérité divine et catholique ».

  4. Vous recevez la charge de sanctifier le peuple de Dieu. En ce sens vous êtes pères et vous transmettez la vie du Christ par les sacrements.

  5. « Vous recevez le gouvernement pastoral d'un diocèse, ou vous y participez comme évêque auxiliaire. Le Christ vous donne autorité pour exhorter, pour repartir les ministères et les services, au gré des besoins et des capacités, pour veiller à leur accomplissement, reprendre au besoin avec miséricorde ceux qui s'en écartent, veiller sur tout le troupeau et le défendre, comme disait saint Paul (Ac 20, 29-31), susciter un esprit toujours plus missionnaire. Cherchez en tout la communion et l'édification du Corps du Christ. Vous portez à bon droit sur la tête l'emblème du chef et en main la crosse du pasteur. Souvenez-vous que votre autorité, selon Jésus, est celle du Bon Pasteur, qui connaît ses brebis et est très attentif à chacune; celle du Père qui s'impose par son esprit d'amour et de dévouement, celle de l'intendant, prêt à rendre compte à son Maître; celle du "ministre", qui est au milieu des siens "comme celui qui sert" et est prêt à donner sa vie. L'Eglise a toujours recommande au chef de la communauté chrétienne le souci particulier des pauvres, des faibles, de ceux qui souffrent, des marginaux de toute sorte. Elle vous demande d'accorder un soutien spécial à vos compagnons de service que sont les prêtres et les diacres : ils sont pour vous des frères, des fils, des amis (cf. Christus Dominus, n. 16) ».

  6. On croit entendre le Pape François avec son enseignement sur les membres de la Curie : les prêtres, les évêques, les cardinaux, bref la hiérarchie ecclésiastique n’est pas un pouvoir pour dominer, mais pour servir ; le service des pauvres, dans une Eglise pauvre pour les pauvres. Tous les pauvres, c’est-à-dire les marginaux, toutes les périphéries qui ne connaissent pas le Christ.

  7. Il m’a été donné pendant les trente-cinq ans de travailler pour la Conférence Episcopale du Congo comme représentant permanent de l’épiscopat auprès de l’Etat.

  8. Comme Président de la même Conférence, comme archevêque de Kisangani, comme Vice-président et président du SCEAM, comme médiateur constitutionnel de la Nation, comme président de la CNS, comme membre de la Commission biblique pontificale, membre de la Commission Foi et Constitution du Conseil Œcuménique des Eglises, comme membre de Conseil de plusieurs Assemblées synodales… Ma ligne de conduite a toujours été : « Dans la foi en la Vérité », ne jamais trahir la Foi Catholique, et prêcher la vérité « en toute liberté » avec endurance et persévérance.

  9. Que par Marie, le Seigneur me donne d’achever ma course dans la foi, l’espérance et la charité. Qu’il me bénisse ainsi que le peuple qu’il m’a confié.

+ L. Card. MONSENGWO PASINYA

       Archevêque de Kinshasa

Pâques 2015: Homélie du Card. Laurent Monsengwo Pasinya (Français/Lingala)

armcardinal« On a enlevé le Seigneur du tombeau » (Jn 20,2)

Chers frères et sœurs,

  1. « On a enlevé le Seigneur du tombeau et nous ne savons pas où on l’a déposé » (Jn 20,2). Nous imaginons l’effroi de Marie-Madeleine quand elle a fait ce constat et qu’elle le communique aux Apôtres. Pour elle, on a sûrement volé le corps de son Seigneur, puisque les bandelettes étaient posées à plat et que la grosse pierre qui fermait l’entrée du tombeau était roulée. Elle se sentait démunie. Si du moins elle pouvait savoir où on a déposé le Seigneur, elle pourrait « aller le chercher » (20,15)

  2. Il est significatif de constater les comportements de Marie-Madeleine, de Pierre et de Jean. Marie-Madeleine, mue par l’amour et l’affection personnelle vis-à-vis du Christ, se rend très tôt au tombeau. Ce qu’elle y voit la remplit de frayeur et d’inquiétude : Qu’est devenu le Seigneur ? Elle court en aviser Pierre et Jean, qui aussitôt se rendent au tombeau en courant à des allures différentes. Telle sera aussi la rapidité –allure- de leur intelligence du mystère et des réalités qu’ils voient au tombeau selon ce que Marie-Madeleine leur avait raconté.

  3. Pierre sort pensif du tombeau et s’en retourne à la maison. Jean constate la même chose que Pierre, il en déduit que le Christ transcende le temps et l’espace et il croit que le Christ est ressuscité. Marie-Madeleine ne peut quitter le tombeau, elle pleure, elle veut épuiser son doute. Elle finira par avoir deux visions, l’une de deux anges, l’autre du Seigneur lui-même qu’elle reconnaît lorsqu’il l’appelle « Marie ». Le Seigneur lui confiera l’annonce pascale (Jn 20, 13-18)

  4. C’est donc la femme que le Seigneur a chargée d’annoncer le mystère pascal à l’humanité. Quelle dignité ! Quelle responsabilité d’annoncer à l’humanité la victoire de la vie sur la mort ! Est-ce parce que la femme donne la vie et la conserve ? Ou parce que Marie-Madeleine a beaucoup aimé car il lui a été beaucoup pardonné ? (cfr Lc 7,48). Ce pourrait être une allusion à Eve, la « mère des vivants » (Gn 3,20). Il s’ensuit que la femme est appelée à protéger la vie, pas à la tuer par l’avortement ou d’autres pratiques surtout celles fondées sur les seuls abus sexuels.

  5. La dignité de la femme, sa place dans l’Eglise et ses institutions lui viennent de cette mission du Seigneur qui l’envoie porter l’annonce pascale. Tenons-en compte dans nos structures diocésaines, paroissiales et des CEVB, de même que lorsque nous parlons de ministères non-ordonnés ou encore de parité homme-femme. Celle-ci ne peut être conçue comme une compétition, mais comme un service humble de chrétien(ne). Un appel du Seigneur. Aussi, les chrétiennes feront-elles preuve de générosité et de dévouement pour s’acquitter loyalement de leur mission.

  6. « Il a passé en faisant le bien » (Ac 10,38). C’est ainsi que devant Corneille, Pierre résume toute l’activité caritative du Christ sur terre : faire le bien. Sommes-nous dignes d’un tel éloge ; passons-nous en faisant le bien ou en faisant le mal ; en semant la désolation, en empoisonnant les hommes et les femmes, en tuant autour de nous, en volant, c’est-à-dire en faisant tout autre chose que le bien auquel nous sommes appelés ? Fixons le regard sur le Ressuscité : qu’avons-nous fait pour promouvoir la vie dans la justice, la paix, la vérité et l’Amour ?

  7. Le Christ est vainqueur de la mort. Le monde est illuminé d’une lumière nouvelle. L’Eglise le chante et le proclame par le chant de l’alleluia. Car c’est la fête des fêtes. En effet, il n’est pas mort et revenu à la vie à la manière de Lazare, le frère de Marthe et Marie. Il a vaincu la mort pour toujours : il ne mourra plus, la mort sur lui n’a aucune emprise, le Christ est vivant pour toujours. Le plus beau c’est qu’il nous fait participer à sa mort et sa résurrection. « Si nous sommes morts avec lui, avec lui nous vivrons » (2 Tm 2,11). C’est le sens de nos engagements du baptême. « Par le baptême nous sommes ensevelis avec le Christ, afin que, comme le Christ est mort et ressuscité, nous marchions dans une vie nouvelle » (Rm 6,4). C’est le sens du combat contre les anti-valeurs, le combat de la lumière contre les ténèbres, de l’Esprit contre la chair. Dans la société et dans nos vies privées. Fasse le Seigneur que nous vainquions cette bataille en renouvelant les structures de notre société dans l’Esprit.

  8. Puisse la Vierge Marie, Mère du Rédempteur et de l’Eglise, nous accompagner dans nos efforts et les faire aboutir.

Avec mon affectueuse bénédiction

+ L. Card. MONSENGWO PASINYA

         Archevêque de Kinshasa

                     04.04.2015


PASIKA 2015

« BALONGOLI MOKONZI NA LILITA » (Jn 20, 2)

Bandeko wa bolingo,

  1. “Balongoli Mokonzi o lilita mpe toyebi epai batii ye te” (Jn 20, 2). Tokoki kokanisa nsomo ya Marie-Madeleine ntango amoni likambo lina mpe awa ayebisi yango na bapostolo. Na mayele ma ye, akanisi’te bayibi nzoto ya Mokonzi, mpo bilamba bazingisaki moto mwa ye bitikali mpe libanga linene lizipaki monoko mwa lilita litiami na mopanzi. Mayele ma ye mabulingani, ayebaki eloko ya kosala te. Soki akokaki ata koyeba epai batii Mokonzi, “alingaki akende ata koluka ye” (Jn 20, 15).

  2. Soko totali na bokebi ezaleli ya Marie-Madeleine na oyo ya Petro na Yoane, bokeseni bozali. Marie-Madeleine , mpo ya bolingo bwa ye mpo ya Kristu, akei o lilita na tâ ntongo. Mpe makambo amoni kuna mabangisi ye mingi, mpe amituni likambo nini likweli Mokonzi ? Apoti mbangu mpo ya koyebisa Petro na Yoane. Bango mpe bazeli te, bakei mbango o lilita, kasi moto na moto na ndenge na ye. Awa bakomi kuna, bamoni lilita ndenge Marie-Madeleine ayebisaki bango, moto na moto ayoki mobombamo yango na makoki ya mayele ma ye.

  3. Petro abimi na lilita na makanisi ebele o moto mpe azongi na ndako. Yoane amoni manso lokola Petro , kasi mpo ya ye, akanisi ‘te Kristu aleki ntango mpe bileko (temps et espace). Ye ayambi ‘te Kristu asekwi. Marie-Madeleine akoki kotika lilita te, azali kolela, alingi ayeba nini mpenza elekaki kuna. Awa azali kuna, amoni mamoni (visions) mibale: Ya liboso amoni banzelu babale; mosusu amoni Mokonzi ye moko, oyo ayei koyeba ntango Mokonzi abengi ye “ Maria”. Mokonzi atindi ye ayebisa’te asekwi (Jn 20, 13-18).

  4. Bongo, Mokonzi apesi na mwasi etinda ya kosangela mobombamo mwa nsekwa ya ye na bato. Lokumu lonene! Bokonzi bonene solo ya koyebisa na bato banso ‘te bomoi bolongi liwa ! Mokonzi asali bongo mpo mwasi   akopesaka bomoi mpe akobatela bwango? To mpo Marie-Madeleine alingaki mingi mpo balimbisaki ye mpe mingi? (cfr Lc 7, 48). Ekoki mpe kozala mpo Mokonzi akanisi na EVA, “ Mama ya bato banso” (Gn 3, 20). Yango wana, mwasi asengeli kobatela bomoi, aboma bwango na bosopi zemi te, tona ba ndenge mosusu, mingi penza na makambo mazanga ntina ya mposa ya nzoto.

  5. Kilo ya mwasi, esika na ye o kati ya Eklezia mpe na misala mya Eklezia ezali kowuta na etinda wana mokonzi apesi ye akende kosangela nsekwa ya Mokonzi. Tosengeli kokanisa na yango awa tozali kobongisa makambo (programmes, structures) na diocèse , na paroisses mpe na ba CEVB mpe ntango tozali kobongisa makambo matali (ministères non ordonnés) to makambo maye matali bokokani (égalité, parité) kati ya mibali na basi. Kasi bokokani boye bozala lokola momekano te, kasi tosala yango lokola lisalisi, tosala yango na bomikitisi. Ezali mbela ya Mokonzi: Yango wana basi bakristu bamonisa motema ya bomipesi mpo ya kokokisa etinda (mbela) wana.

  6. “O bisika azalaki koleka azalaki kosala bato malamu” (Ac 10, 38). Tala ndenge o liboso lya Corneille, Petro azali koyebisa na bokuse malamu manso Kristu asalaki awa o nse: Kosala malamu. Ya solo mpenza bakoki koloba mpo ya biso bongo? Tozali kolekisa bomoi na biso na bosali malamu to na bosali mabe ? Awa tozali kokomisa mokili se mpasi na mpasi, na botieli baninga poison, na bobomi bato tovandi na bango, na koyiba, awa tozali kosala makambo mosusu. Mosusu esika’te tosala malamu maye Nzambe atindi biso tosala? Totia miso ma biso epai ya Yezu oyo asekwi : Eloko nini tosali mpo tokolisa bomoi na kati ya bosembo, kimia , bosolo na bolingo ?

  7. Kristu alongi liwa. Mokili mongengi na mwinda. Eklezia akoyemba mpe akosakola yango na nzembo y’Alleluia; zambi ezali eyenga ya biyenga. Ya solo, Kristu awaki te mpe asekwaki te na ndenge ya Lazare, ndeko ya Marthe na Marie. Kristu alongi liwa mpo ya seko. Akokufa lisusu te. Liwa likoki kosala ye lisusu eloko te, Kristu asekwi mpo ya seko. Likambo ya kitoko ezali’te Kristu azali kosangisa biso na liwa mpe nsekwa. « Soki tokufi na ye elongo , tokozwa bomoi na ye elongo » (2 Tm 2, 11). Wana nde makanisi ma biso awa tokulaka batisimo. «Na batisimo tokundami na Kristu, mpo tokoka, lokola Kristu akufi mpe asekwi, biso totambola na bomoi bwa sika.” (Rm 6, 4). Wana nde ntina ya etumba tozali kobunda na yango mpo ya kotika makambo maye mazanga ntina; etumba ya mwinda na molili, etumba y’Elimo na mosuni. Etumba wana na kati ya bomoi bwa biso na baninga, to na kati ya biso moko. Mokonzi asala ‘te tolonga etumba wana, na ndenge ‘te Elimo abongisa makambo ma biso manso makoma makambo ma sika.

  8. Ngondo Maria, Mama wa Mobikisi mpe wa Eklezia atambola na biso elongo mpo’te makasi tozali kosala mpo tolonga, tokoka kosuka malamu.

Na bobenisi bwa ngai,

+ L. Card. MONSENGWO PASINYA

         Archevêque de Kinshasa

                     04.04.2015

« Se charger des situations de détresse, c’est quitter le confort, afin de combattre avec les autres les injustices, les inégalités, les péchés enracinés dans les structures sociales »

DSC06289« En nous associant à son sacerdoce au titre de tête du corps, Jésus Christ, l’unique prêtre, nous fait participer aussi à sa mission de salut et de rédemption pour l’humanité. Pour nous, il s’agit tout d’abord de se faire proche de toutes les situations de pauvreté, de misère, d’oppression, de déni de dignité, de handicaps, des situations de détresse. Il faut ensuite se charger de toutes ces misères humaines pour les porter avec les hommes et les femmes de notre temps », a déclaré aux prêtres S.L. Card. MONSENGWO PASINYA, ce mercredi 1 avril 2015 à la Cathédrale Notre Dame du Congo, à l’occasion de la messe chrismale. Voici le texte intégral de l'homélie du Cardinal : 

 Messe Chrismale 2015

Homélie du Cardinal L. Monsengwo Pasinya

  1. Le Seigneur a toujours offert le salut à son peuple en se faisant proche de celui-ci (cfr Dt 4,7) directement ou par ses envoyés. Se faire proche de son peuple, signifie se faire go’êl, proche parent. Cette pédagogie, Dieu l’a réalisée dans l’Ancienne Alliance. « Il a multiplié les alliances avec son peuple et l’a formé par les prophètes dans l’espérance du salut en Jésus ».
  1. Cette nouvelle alliance en Jésus, Dieu l’a annoncée en Jérémie en disant : « Je conclurai avec la maison d’Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle… Je mettrai ma Loi au fond de leur être et je l’écrirai sur leur cœur. Alors je serai leur Dieu et ils seront mon peuple » (Jer 31, 31ss)
  1. Le sommet de cette alliance avec l’humanité s’accomplit dans l’Incarnation de Jésus-Christ, Dieu fait homme, qui affirme : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’onction, pour porter la Bonne Nouvelle aux pauvres. Il m’a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur » (Lc 4, 18-19)
  1. Jésus Christ, le premier-né d’entre les morts, «a fait de nous le royaume et les prêtres de Dieu son Père » (Ap 1,5-6). En nous associant à son sacerdoce au titre de tête du corps, Jésus Christ, l’unique prêtre, nous fait participer aussi à sa mission de salut et de rédemption pour l’humanité. Pour nous, il s’agit tout d’abord de se faire proche de toutes les situations de pauvreté, de misère, d’oppression, de déni de dignité, de handicaps, des situations de détresse. Il faut ensuite se charger de toutes ces misères humaines pour les porter avec les hommes et les femmes de notre temps.
  1. Les porter, c’est éviter l’indifférence générale devant les détresses de nos frères et sœurs. Les porter, c’est prendre des initiatives pour venir au secours du prochain en difficulté. Se charger des situations de détresse, c’est quitter le confort (que donne parfois la loi ou le statut), afin de combattre avec les autres les injustices, les inégalités, les péchés enracinés dans les structures sociales.
  1. Se charger des situations de détresse, c’est surtout offrir aux gens les services irremplaçables du ministère sacerdotal : la catéchèse, le témoignage de vie et l’économie sacramentaire. La responsabilité spirituelle vis-à-vis du peuple de Dieu doit être considérée comme prioritaire. Elle prime sur le reste. Il ne sied pas que nous délaissions ce ministère pour nous livrer à toutes sortes de négoces (cfr Act 6,2). Puissions-nous trouver notre joie dans ce service humble des autres.
  1. « La disponibilité du prêtre fait de l’Eglise la maison aux portes ouvertes, refuge pour les pécheurs, foyers pour ceux qui vivent dans la rue, maison de soin pour les malades, camping pour les jeunes, salle de catéchèse pour les enfants de la première Communion… Là où le peuple de Dieu a un désir ou une nécessité se trouve le prêtre qui sait écouter et entend un mandat amoureux du Christ qui l’envoie secourir avec miséricorde ce besoin ou soutenir ces bons désirs avec une charité créative » (Pape François, Homélie Jeudi Saint 2014).
  1. En renouvelant aujourd’hui les engagements inhérents à notre sacerdoce, posons un geste responsable et vrai, qui ne soit pas purement formel, mais qui nous engage en conscience vis-à-vis du Seigneur et de l’Eglise, de la communauté des fidèles et de tout le presbyterium. Que ces promesses nous rappellent le sérieux du Christ allant résolument à la mort par obéissance au Père et par amour pour l’humanité. Rendons-lui cet Amour par nos engagements d’obéissance, de chasteté et de pauvreté sacerdotale.
  1. Puisse la Vierge Marie, modèle de pureté, d’obéissance et de pauvreté, recevoir notre fiat et le présenter à son Fils Jésus, pour la gloire du Père dans l’Esprit Saint

+ L. Card. MONSENGWO PASINYA

       Archevêque de Kinshasa

           Kinshasa, le 01.04.2015

Mise en ligne : Placide OKALEMA

C’est du sérieux des années de jeunesse que se construit l’avenir.

DSC05977 L’Archidiocèse de Kinshasa a célébré, ce dimanche 29.03.2015 au stade Tata Raphaël, la journée diocésaine des jeunes. Au cours de la messe de la passion dite à cette occasion, S. Em. L. Card. MONSENGWO Pasinya a demandé aux jeunes de forger leur avenir au quotidien. « C’est aujourd’hui, disait-il, que jeune homme et jeune fille, vous forgez votre avenir. C’est le présent qui donne forme au futur. C’est du sérieux des années de jeunesse que se construit l’avenir. Une jeunesse réussie est une garantie pour les responsabilités futures dans la famille autant que dans la vie consacrée »

L’apotre de jeunes a, en outre, a émis le vœu de voir les jeunes prendre conscience de la tâche qui les attend demain. Pour l’artisan de Paix congolais, « les jeunes doivent savoir ce qui suit : Pour devenir un bon parent, il faut d’abord être un bon jeune. Il en est de même pour la vie consacrée. L’intériorisation de toute la formation que vous recevez aujourd’hui fera de vous des parents et des consacrés qui porteront très haut l’étendard du Christ. Cette prise de conscience, c’est ce que tout responsable des jeunes doit obligatoirement viser » Aider les jeunes à prendre conscience de leur lendemain, c’est aider la Nation à se mettre debout et l’Eglise à rayonner de la Lumière du Christ, a poursuivi le Cardinal Monsengwo.

Placide Okalema

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