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C’est du sérieux des années de jeunesse que se construit l’avenir.  L’Archidiocèse de Kinshasa a célébré, ce dimanche 29.03.2015 au stade Tata Raphaël, la...
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10-04-2015: Obseques de Mgr Moke Motsuri, homélie du Card. Laurent Monsengwo Pasinya au stade Tata Raphaël

DSC07380Excellences…

  1. mgr Moke Motsuri n’est plus de ce monde, il est rentré dans la maison du Père Eternel. Avec le décès de Mgr Moke, disparaît un géant et un modèle d’éducateur, qui pendant six décennies a mis au service de la jeunesse, de l’Eglise et de la Nation les talents exceptionnels reçus du Seigneur.
    « Béni soit Dieu, le Père de Notre Seigneur Jésus Christ qui a béni l’Eglise de Kinshasa et de la RDCongo en lui donnant un prêtre, un évêque et un pasteur de la trempe de Mgr E. Moke Motsuri »

    Chant : « Y en a pas… »

  2. Homme de foi et de rigueur, d’espérance et de charité, avec le Cardinal Malula, Mgr Moke entendait laisser à la jeunesse kinoise en général et au clergé et les religieuses diocésaines en particulier, un héritage d’Eglise. Ils ont voulu tous les deux fonder l’Eglise de Kinshasa.

  3. « Emergence tous azimuts. A bas la médiocrité spirituelle, morale, intellectuelle ». Tel était le mot d’ordre de la formation. Hommes d’endurance, ils l’ont démontré par le parcours de leur vocation : de Kinshasa à Mbata-Kiela, puis à Bolongo, ensuite à Kabwe pendant 8 ans sans discontinuer. L’endurance, Mgr Moke l’a apprise dès l’enfance.

  4. D’abord formateur de séminaristes à Bokoro pendant l’année de probation, ensuite directeur d’école primaire à Makaw de 1945 à 1951, ensuite à Mushie de 1951 à 1953, puis à Kinshasa au Camp Olsen. Il reprendra la formation de petits séminaristes à Mikondo.

  5. De tempérament jovial, Mgr Moke frappait par son sourire. On disait de lui à Mushie que lorsqu’il bifurquait au coin de la rue, c’était son sourire qui apparaissait. Le sourire est un signe de victoire sur soi-même.

  6. Que Mgr Moke ait été un pédagogue hors pair en témoigne le prix d’excellence du P. Provincial qu’il remportait chaque année autant à Makaw qu’à Mushie.

  7. Mgr Moke est un prêtre et un évêque détaché des biens de la terre. En témoignent les dispositions de son testament holographe relatives à son complexe scolaire légué aux Abbés kinois et à sa résidence de Righini donnée aux Sœurs Thérésiennes de Kinshasa. L’un et l’autre légués à l’ASBL Archidiocèse de Kinshasa et dont l'usufruit est destiné exclusivement aux Abbés de Kinshasa et aux religieuses.

    Lateneur du testament est édifiant. Je cite :
    « Maintenant, Père Saint, au terme de ma vie, je me jette en tes bras miséricordieux, sûr de ton pardon. Je quitte cette terre les mains vides, dans la pauvreté. Grace à toi-même, j’ai pu construire le Complexe scolaire qui porte mon nom ainsi que ma résidence de Righini. Voilà, Seigneur, les deux seules richesses que je possède. En conséquence, le lègue le Complexe scolaire Mgr Moke à l’A.S.B.L dénommé Archidiocèse de Kinshasa. L’usufruit est exclusivement destiné aux Abbés Kinois, regroupés au sein de l’A.C.K c'est-à-dire « Association du Clergé Kinois ». Celle-ci poursuivra toujours le but assigné à la Construction de ce Complexe qui répond à ma devise épiscopale : « Evangelisare pauperibus ». Les pauvres, ce sont les enfants à élever au rang d’être humain, dans une optique chrétienne.

    Quant à ma résidence de Righini, je la lègue à l’A.S.B.L Archidiocèse de Kinshasa pour l’usufruit exclusif de la Congrégation diocésaine des Sœurs de Ste Thérèse de l’Enfant Jésus de Kinshasa, à laquelle la résidence devra appartenir dès qu’elle aura la personnalité juridique. Elle sera leur Maison Généralice. Mais la Mère Générale et son Conseil peuvent en faire une communauté des Sœurs Thérésiennes, s’il en est besoin.

    Elle gardera son cachet de souvenir de Papa Moke à ses religieuses. Elle ne sera jamais mise en vente ni en location. Inutile de réserver une chambre comme musée des biens m’ayant appartenu. Tous les biens meubles et tout l’équipement de la Résidence sont propriété de la Congrégation des Sœurs Thérésiennes de Kinshasa »

  8. Féru de liturgie et de musique, Mgr Moke est un talentueux compositeur. Il a composé une trentaine de chants liturgiques dont plusieurs dediés à la Vierge Marie et pendant les temps liturgiques.

  9. Mgr Moke avait une vision du pays qui recherchait l’excellence en tout. Dans son testament, il s’adresse à toutes les catégories du peuple dans l’Eglise et dans la société : prêtres, Eglise de Kinshasa, Abbés kinois, Sœurs Thérésiennes, Bakambi, enseignants de nos écoles catholiques, frères de la vie politique et membres du gouvernement, jeunesse, militaires et agents de l’ordre… A tous, il donnait des conseils qui visaient l’excellence, l’unité et la seule compétence pour accéder aux fonctions, sans considération de tribus, de régions et de races. « Eglise de Kinshasa, toi que j’ai aimée de tout mon cœur, voici mon dernier message pour toi : "cultive l’amour sans frontières, sans barrières ethniques. Tu es kinoise, sans tribu »

  10. Mgr Moke a compris que l’amour est ce qu’il y a de plus important et de plus beau dans nos vies : « N’ayons pas peur d’aimer, Jésus nous a aimés jusqu’au bout et il veut que nous nous aimions les uns les autres », disait-il très souvent.

  11. Les souffrances de Mgr Moke ont été une participation à la passion du Christ, d’autant qu’elles ont été endurées pendant le carême. Il lui permirent de « mourir avec le Christ pour ressusciter avec lui ». «  Si nous souffrons avec lui, avec Lui nous régnerons » (2 Tm 2,12).

  12. Quand on lit le testament de Mgr Moke, on en retire une impression de sérénité et de confiance, due au devoir accompli. Il n’a pas perdu inutilement le temps : C’est le « consummatum est du Christ. Tout est accompli » (Jn 19,30). « J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé ma course. J’ai gardé la foi. Dès maintenant m’est réservée la couronne de justice que me donnera le Seigneur le juste Juge» (2 Tm 4,7-9)

  13. Nous aussi, nous pouvons rendre gloire à Dieu, « le Père de toutes miséricordes et de toute consolation. Il nous console dans toutes nos détresses, pour nous rendre capables de consoler tous ceux qui sont en détresse » (2 Cor 1,3-4).
    Nous présentons nos sincères condoléances à sa famille biologique. Rien ne pourra soulager votre peine certes, personne ne pourra remplacer dans vos cœurs Papa Moke. Ce n’est qu’un au revoir. Mais il vous a appris à aimer la grande famille de l’Eglise. Celle-ci nous rassemblera et notre foi en la résurrection du Christ nous portera.

  14. Vous, jeunes de Kinshasa et du Congo en général, et jeunes du Complexe Scolaire Mgr Moke en particulier, écoutez son testament à votre endroit : « Jeunesse de la République Démocratique du Congo, demain c’est vous qui dirigerez le pays. Préparez-vous-y. Avec les valeurs évangéliques vous y parviendrez et vous garderez le pays toujours « debout » sans risque de retour au tombeau »

  15. Nous remercions toutes les autorités politiques, civiles et militaires pour l’hommage que vous avez été nombreux à rendre à notre pasteur défunt. A toutes les délégations venues de la République du Congo, du Gabon, d’Irlande, de France, de Belgique, de Rome, du Burundi et d’ailleurs encore, s’adressent nos remerciements.

  16. Cher Mgr Moke, digne fils de Mongobele et de Kinshasa, mais surtout digne fils et pasteur de l’Eglise, digne fils de la RDCongo, merci pour tout ce que tu as été pour chacun de nous. Merci pour le précieux héritage que tu nous laisses dans tous les domaines : spirituel, moral, intellectuel, culturel et scolaire. Cet héritage ne sera pas bafoué, ni mis sous le boisseau. Il sera exploité à bon escient. Supplée à nos insuffisances, afin que nous soyons à la hauteur de la tâche qui nous incombe de perpétuer ton héritage.

  17. Cher cousin et aîné, Mgr Moke, Va, « Le Maître est là et il t’appelle » (Jn 1,19). Que la Vierge Marie, Mère de l’Eglise, que tu as tant aimée et chantée pendant ta vie, puisse t’accompagner jusqu’aux pieds de son Fils.
    Au revoir et à bientôt, Mgr.

     + L. Card. MONSENGWO PASINYA
           Archevêque de Kinshasa

« Se charger des situations de détresse, c’est quitter le confort, afin de combattre avec les autres les injustices, les inégalités, les péchés enracinés dans les structures sociales »

DSC06289« En nous associant à son sacerdoce au titre de tête du corps, Jésus Christ, l’unique prêtre, nous fait participer aussi à sa mission de salut et de rédemption pour l’humanité. Pour nous, il s’agit tout d’abord de se faire proche de toutes les situations de pauvreté, de misère, d’oppression, de déni de dignité, de handicaps, des situations de détresse. Il faut ensuite se charger de toutes ces misères humaines pour les porter avec les hommes et les femmes de notre temps », a déclaré aux prêtres S.L. Card. MONSENGWO PASINYA, ce mercredi 1 avril 2015 à la Cathédrale Notre Dame du Congo, à l’occasion de la messe chrismale. Voici le texte intégral de l'homélie du Cardinal : 

 Messe Chrismale 2015

Homélie du Cardinal L. Monsengwo Pasinya

  1. Le Seigneur a toujours offert le salut à son peuple en se faisant proche de celui-ci (cfr Dt 4,7) directement ou par ses envoyés. Se faire proche de son peuple, signifie se faire go’êl, proche parent. Cette pédagogie, Dieu l’a réalisée dans l’Ancienne Alliance. « Il a multiplié les alliances avec son peuple et l’a formé par les prophètes dans l’espérance du salut en Jésus ».
  1. Cette nouvelle alliance en Jésus, Dieu l’a annoncée en Jérémie en disant : « Je conclurai avec la maison d’Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle… Je mettrai ma Loi au fond de leur être et je l’écrirai sur leur cœur. Alors je serai leur Dieu et ils seront mon peuple » (Jer 31, 31ss)
  1. Le sommet de cette alliance avec l’humanité s’accomplit dans l’Incarnation de Jésus-Christ, Dieu fait homme, qui affirme : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’onction, pour porter la Bonne Nouvelle aux pauvres. Il m’a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur » (Lc 4, 18-19)
  1. Jésus Christ, le premier-né d’entre les morts, «a fait de nous le royaume et les prêtres de Dieu son Père » (Ap 1,5-6). En nous associant à son sacerdoce au titre de tête du corps, Jésus Christ, l’unique prêtre, nous fait participer aussi à sa mission de salut et de rédemption pour l’humanité. Pour nous, il s’agit tout d’abord de se faire proche de toutes les situations de pauvreté, de misère, d’oppression, de déni de dignité, de handicaps, des situations de détresse. Il faut ensuite se charger de toutes ces misères humaines pour les porter avec les hommes et les femmes de notre temps.
  1. Les porter, c’est éviter l’indifférence générale devant les détresses de nos frères et sœurs. Les porter, c’est prendre des initiatives pour venir au secours du prochain en difficulté. Se charger des situations de détresse, c’est quitter le confort (que donne parfois la loi ou le statut), afin de combattre avec les autres les injustices, les inégalités, les péchés enracinés dans les structures sociales.
  1. Se charger des situations de détresse, c’est surtout offrir aux gens les services irremplaçables du ministère sacerdotal : la catéchèse, le témoignage de vie et l’économie sacramentaire. La responsabilité spirituelle vis-à-vis du peuple de Dieu doit être considérée comme prioritaire. Elle prime sur le reste. Il ne sied pas que nous délaissions ce ministère pour nous livrer à toutes sortes de négoces (cfr Act 6,2). Puissions-nous trouver notre joie dans ce service humble des autres.
  1. « La disponibilité du prêtre fait de l’Eglise la maison aux portes ouvertes, refuge pour les pécheurs, foyers pour ceux qui vivent dans la rue, maison de soin pour les malades, camping pour les jeunes, salle de catéchèse pour les enfants de la première Communion… Là où le peuple de Dieu a un désir ou une nécessité se trouve le prêtre qui sait écouter et entend un mandat amoureux du Christ qui l’envoie secourir avec miséricorde ce besoin ou soutenir ces bons désirs avec une charité créative » (Pape François, Homélie Jeudi Saint 2014).
  1. En renouvelant aujourd’hui les engagements inhérents à notre sacerdoce, posons un geste responsable et vrai, qui ne soit pas purement formel, mais qui nous engage en conscience vis-à-vis du Seigneur et de l’Eglise, de la communauté des fidèles et de tout le presbyterium. Que ces promesses nous rappellent le sérieux du Christ allant résolument à la mort par obéissance au Père et par amour pour l’humanité. Rendons-lui cet Amour par nos engagements d’obéissance, de chasteté et de pauvreté sacerdotale.
  1. Puisse la Vierge Marie, modèle de pureté, d’obéissance et de pauvreté, recevoir notre fiat et le présenter à son Fils Jésus, pour la gloire du Père dans l’Esprit Saint

+ L. Card. MONSENGWO PASINYA

       Archevêque de Kinshasa

           Kinshasa, le 01.04.2015

Mise en ligne : Placide OKALEMA

Kinshasa, le 11 avril 2015 - « Homme de foi et de rigueur, d’espérance et de charité, avec le Cardinal Malula, Mgr Moke entendait laisser à la jeunesse kinoise en général et au clergé et les religieuses diocésaines en particulier, un héritage d’Église »,

DSC07314  Mgr Moke, décédé depuis le 6 avril 2015, a été enterré hier vendredi, 10 avril 2015 dans la deuxième sacristie de l’Église Saint Joseph de Matonge dans la commune de Kalamu devant quelques membres de sa famille biologiques, des évêques et de quelques abbés de Kinshasa, le tout dans une atmosphère de tristesse, de prière et d’espérance. Bien avant l’enterrement, une messe d’action de grâce a été dite au Stade Tata Raphael par son Éminence L. Card. Monsengwo.

Dans son homélie, bien située dans un contexte particulier, et devant un parterre de consacrés et de fidèles, L. Monsengwo a rappelé au monde en général et à la famille diocésaine de Kinshasa en particulier, les qualités morales, intellectuelles, pastorales de ce grand héro de la foi que toute l’Église de Dieu qui est à Kinshasa pleure.

« Homme de foi et de rigueur, d’espérance et de charité, pédagogue hors pair, de tempérament jovial, avec le Cardinal Malula, Mgr Moke entendait laisser à la jeunesse kinoise en général et au clergé et les religieuses diocésaines en particulier, un héritage d’Église. Ils ont voulus tous les deux fonder l’Église de Kinshasa », disait l’Archevêque de Kinshasa. « Hommes d’endurance, ils l’ont démontré par le parcours de leur vocation », a poursuit le pasteur de Kinshasa.

Aux yeux de beaucoup, Mgr Moke reste un prêtre et un évêque détaché des biens de la terre. En témoignent les dispositions de son testament holographe relatives à son complexe scolaire légué aux Abbés Kinois et à sa résidence de Righini donnée aux Sœurs Théresiennes de Kinshasa. L’un et l’autre légués à l’ASBL Archidiocèse de Kinshasa et dont l’usufruit est destiné exclusivement aux Abbés de Kinshasa et aux religieuses.

A propos de l’usufruit du Complexe scolaire Mgr Moke, les Abbés Kinois sont appelés à poursuivre le but assigné à la construction du Complexe Scolaire Moke qui correspond à sa devise épiscopale : « Evangelisare pauperibus ». Les pauvres, selon Mgr Moke, « ce sont les enfants à élever au rang d’être humain, dans une optique chrétienne ». La jeunesse est l’avenir du pays. Telles sont les dernières volontés de ce père fondateur de l’Archidiocèse de Kinshasa. Mgr Moke sera-t-il écouté sur ce point ? L’avenir nous en dira plus.

Placide Okalema

Pâques 2015: Homélie du Card. Laurent Monsengwo Pasinya (Français/Lingala)

armcardinal« On a enlevé le Seigneur du tombeau » (Jn 20,2)

Chers frères et sœurs,

  1. « On a enlevé le Seigneur du tombeau et nous ne savons pas où on l’a déposé » (Jn 20,2). Nous imaginons l’effroi de Marie-Madeleine quand elle a fait ce constat et qu’elle le communique aux Apôtres. Pour elle, on a sûrement volé le corps de son Seigneur, puisque les bandelettes étaient posées à plat et que la grosse pierre qui fermait l’entrée du tombeau était roulée. Elle se sentait démunie. Si du moins elle pouvait savoir où on a déposé le Seigneur, elle pourrait « aller le chercher » (20,15)

  2. Il est significatif de constater les comportements de Marie-Madeleine, de Pierre et de Jean. Marie-Madeleine, mue par l’amour et l’affection personnelle vis-à-vis du Christ, se rend très tôt au tombeau. Ce qu’elle y voit la remplit de frayeur et d’inquiétude : Qu’est devenu le Seigneur ? Elle court en aviser Pierre et Jean, qui aussitôt se rendent au tombeau en courant à des allures différentes. Telle sera aussi la rapidité –allure- de leur intelligence du mystère et des réalités qu’ils voient au tombeau selon ce que Marie-Madeleine leur avait raconté.

  3. Pierre sort pensif du tombeau et s’en retourne à la maison. Jean constate la même chose que Pierre, il en déduit que le Christ transcende le temps et l’espace et il croit que le Christ est ressuscité. Marie-Madeleine ne peut quitter le tombeau, elle pleure, elle veut épuiser son doute. Elle finira par avoir deux visions, l’une de deux anges, l’autre du Seigneur lui-même qu’elle reconnaît lorsqu’il l’appelle « Marie ». Le Seigneur lui confiera l’annonce pascale (Jn 20, 13-18)

  4. C’est donc la femme que le Seigneur a chargée d’annoncer le mystère pascal à l’humanité. Quelle dignité ! Quelle responsabilité d’annoncer à l’humanité la victoire de la vie sur la mort ! Est-ce parce que la femme donne la vie et la conserve ? Ou parce que Marie-Madeleine a beaucoup aimé car il lui a été beaucoup pardonné ? (cfr Lc 7,48). Ce pourrait être une allusion à Eve, la « mère des vivants » (Gn 3,20). Il s’ensuit que la femme est appelée à protéger la vie, pas à la tuer par l’avortement ou d’autres pratiques surtout celles fondées sur les seuls abus sexuels.

  5. La dignité de la femme, sa place dans l’Eglise et ses institutions lui viennent de cette mission du Seigneur qui l’envoie porter l’annonce pascale. Tenons-en compte dans nos structures diocésaines, paroissiales et des CEVB, de même que lorsque nous parlons de ministères non-ordonnés ou encore de parité homme-femme. Celle-ci ne peut être conçue comme une compétition, mais comme un service humble de chrétien(ne). Un appel du Seigneur. Aussi, les chrétiennes feront-elles preuve de générosité et de dévouement pour s’acquitter loyalement de leur mission.

  6. « Il a passé en faisant le bien » (Ac 10,38). C’est ainsi que devant Corneille, Pierre résume toute l’activité caritative du Christ sur terre : faire le bien. Sommes-nous dignes d’un tel éloge ; passons-nous en faisant le bien ou en faisant le mal ; en semant la désolation, en empoisonnant les hommes et les femmes, en tuant autour de nous, en volant, c’est-à-dire en faisant tout autre chose que le bien auquel nous sommes appelés ? Fixons le regard sur le Ressuscité : qu’avons-nous fait pour promouvoir la vie dans la justice, la paix, la vérité et l’Amour ?

  7. Le Christ est vainqueur de la mort. Le monde est illuminé d’une lumière nouvelle. L’Eglise le chante et le proclame par le chant de l’alleluia. Car c’est la fête des fêtes. En effet, il n’est pas mort et revenu à la vie à la manière de Lazare, le frère de Marthe et Marie. Il a vaincu la mort pour toujours : il ne mourra plus, la mort sur lui n’a aucune emprise, le Christ est vivant pour toujours. Le plus beau c’est qu’il nous fait participer à sa mort et sa résurrection. « Si nous sommes morts avec lui, avec lui nous vivrons » (2 Tm 2,11). C’est le sens de nos engagements du baptême. « Par le baptême nous sommes ensevelis avec le Christ, afin que, comme le Christ est mort et ressuscité, nous marchions dans une vie nouvelle » (Rm 6,4). C’est le sens du combat contre les anti-valeurs, le combat de la lumière contre les ténèbres, de l’Esprit contre la chair. Dans la société et dans nos vies privées. Fasse le Seigneur que nous vainquions cette bataille en renouvelant les structures de notre société dans l’Esprit.

  8. Puisse la Vierge Marie, Mère du Rédempteur et de l’Eglise, nous accompagner dans nos efforts et les faire aboutir.

Avec mon affectueuse bénédiction

+ L. Card. MONSENGWO PASINYA

         Archevêque de Kinshasa

                     04.04.2015


PASIKA 2015

« BALONGOLI MOKONZI NA LILITA » (Jn 20, 2)

Bandeko wa bolingo,

  1. “Balongoli Mokonzi o lilita mpe toyebi epai batii ye te” (Jn 20, 2). Tokoki kokanisa nsomo ya Marie-Madeleine ntango amoni likambo lina mpe awa ayebisi yango na bapostolo. Na mayele ma ye, akanisi’te bayibi nzoto ya Mokonzi, mpo bilamba bazingisaki moto mwa ye bitikali mpe libanga linene lizipaki monoko mwa lilita litiami na mopanzi. Mayele ma ye mabulingani, ayebaki eloko ya kosala te. Soki akokaki ata koyeba epai batii Mokonzi, “alingaki akende ata koluka ye” (Jn 20, 15).

  2. Soko totali na bokebi ezaleli ya Marie-Madeleine na oyo ya Petro na Yoane, bokeseni bozali. Marie-Madeleine , mpo ya bolingo bwa ye mpo ya Kristu, akei o lilita na tâ ntongo. Mpe makambo amoni kuna mabangisi ye mingi, mpe amituni likambo nini likweli Mokonzi ? Apoti mbangu mpo ya koyebisa Petro na Yoane. Bango mpe bazeli te, bakei mbango o lilita, kasi moto na moto na ndenge na ye. Awa bakomi kuna, bamoni lilita ndenge Marie-Madeleine ayebisaki bango, moto na moto ayoki mobombamo yango na makoki ya mayele ma ye.

  3. Petro abimi na lilita na makanisi ebele o moto mpe azongi na ndako. Yoane amoni manso lokola Petro , kasi mpo ya ye, akanisi ‘te Kristu aleki ntango mpe bileko (temps et espace). Ye ayambi ‘te Kristu asekwi. Marie-Madeleine akoki kotika lilita te, azali kolela, alingi ayeba nini mpenza elekaki kuna. Awa azali kuna, amoni mamoni (visions) mibale: Ya liboso amoni banzelu babale; mosusu amoni Mokonzi ye moko, oyo ayei koyeba ntango Mokonzi abengi ye “ Maria”. Mokonzi atindi ye ayebisa’te asekwi (Jn 20, 13-18).

  4. Bongo, Mokonzi apesi na mwasi etinda ya kosangela mobombamo mwa nsekwa ya ye na bato. Lokumu lonene! Bokonzi bonene solo ya koyebisa na bato banso ‘te bomoi bolongi liwa ! Mokonzi asali bongo mpo mwasi   akopesaka bomoi mpe akobatela bwango? To mpo Marie-Madeleine alingaki mingi mpo balimbisaki ye mpe mingi? (cfr Lc 7, 48). Ekoki mpe kozala mpo Mokonzi akanisi na EVA, “ Mama ya bato banso” (Gn 3, 20). Yango wana, mwasi asengeli kobatela bomoi, aboma bwango na bosopi zemi te, tona ba ndenge mosusu, mingi penza na makambo mazanga ntina ya mposa ya nzoto.

  5. Kilo ya mwasi, esika na ye o kati ya Eklezia mpe na misala mya Eklezia ezali kowuta na etinda wana mokonzi apesi ye akende kosangela nsekwa ya Mokonzi. Tosengeli kokanisa na yango awa tozali kobongisa makambo (programmes, structures) na diocèse , na paroisses mpe na ba CEVB mpe ntango tozali kobongisa makambo matali (ministères non ordonnés) to makambo maye matali bokokani (égalité, parité) kati ya mibali na basi. Kasi bokokani boye bozala lokola momekano te, kasi tosala yango lokola lisalisi, tosala yango na bomikitisi. Ezali mbela ya Mokonzi: Yango wana basi bakristu bamonisa motema ya bomipesi mpo ya kokokisa etinda (mbela) wana.

  6. “O bisika azalaki koleka azalaki kosala bato malamu” (Ac 10, 38). Tala ndenge o liboso lya Corneille, Petro azali koyebisa na bokuse malamu manso Kristu asalaki awa o nse: Kosala malamu. Ya solo mpenza bakoki koloba mpo ya biso bongo? Tozali kolekisa bomoi na biso na bosali malamu to na bosali mabe ? Awa tozali kokomisa mokili se mpasi na mpasi, na botieli baninga poison, na bobomi bato tovandi na bango, na koyiba, awa tozali kosala makambo mosusu. Mosusu esika’te tosala malamu maye Nzambe atindi biso tosala? Totia miso ma biso epai ya Yezu oyo asekwi : Eloko nini tosali mpo tokolisa bomoi na kati ya bosembo, kimia , bosolo na bolingo ?

  7. Kristu alongi liwa. Mokili mongengi na mwinda. Eklezia akoyemba mpe akosakola yango na nzembo y’Alleluia; zambi ezali eyenga ya biyenga. Ya solo, Kristu awaki te mpe asekwaki te na ndenge ya Lazare, ndeko ya Marthe na Marie. Kristu alongi liwa mpo ya seko. Akokufa lisusu te. Liwa likoki kosala ye lisusu eloko te, Kristu asekwi mpo ya seko. Likambo ya kitoko ezali’te Kristu azali kosangisa biso na liwa mpe nsekwa. « Soki tokufi na ye elongo , tokozwa bomoi na ye elongo » (2 Tm 2, 11). Wana nde makanisi ma biso awa tokulaka batisimo. «Na batisimo tokundami na Kristu, mpo tokoka, lokola Kristu akufi mpe asekwi, biso totambola na bomoi bwa sika.” (Rm 6, 4). Wana nde ntina ya etumba tozali kobunda na yango mpo ya kotika makambo maye mazanga ntina; etumba ya mwinda na molili, etumba y’Elimo na mosuni. Etumba wana na kati ya bomoi bwa biso na baninga, to na kati ya biso moko. Mokonzi asala ‘te tolonga etumba wana, na ndenge ‘te Elimo abongisa makambo ma biso manso makoma makambo ma sika.

  8. Ngondo Maria, Mama wa Mobikisi mpe wa Eklezia atambola na biso elongo mpo’te makasi tozali kosala mpo tolonga, tokoka kosuka malamu.

Na bobenisi bwa ngai,

+ L. Card. MONSENGWO PASINYA

         Archevêque de Kinshasa

                     04.04.2015

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